Archives d’un auteur

« Le ralentissement de la croissance se confirme, mais comme le réchauffement, personne ne veut le voir », écrit Gersende !

3 août 2018

Rubrique : « ils n’écrivent pas que pour nous, mais nous réservent la primeur de leurs articles »

Un article de « Gersende », politologue,  pour plusieurs Blogs ou sites dans l’hexagone, dont Blog-Cabestany

Grâce à un certain alignement des planètes, une légère diminution dans l’opinion de l’angoisse du terrorisme, des fêtes de fin d’année où l’on voulait se faire plaisir, cadeaux, spectacles, la croissance au dernier trimestre 2017 aura été en France de 0,7% du PIB.

Alors que nos gouvernants, depuis des années, avaient tendance à exagérer les prévisions de croissance, pour mieux faire passer les dépenses budgétaires de l’année à venir, les observateurs, les services de l’État, l’INSEE, tablaient sur ce qui leur semblait un taux raisonnable de croissance de 2% pour l’année 2018. D’autres criaient que c’était même pessimiste !

Patatras ! L’augmentation imbécile de la CSG faisait des ravages au premier trimestre. Les retraités, mais d’autres catégories de la population comprenaient vers quelles couches de la société allaient les faveurs du Président de la République. Et quels étaient ceux que ce même Président avait décidé de tondre. Les vieux, par exemple, qui ne servent plus à rien. Alors, plutôt que de consommer, le citoyen se serrait la ceinture et devenait méfiant. Le premier trimestre 2018 finissant avec une croissance de 0,2 points. Même pas la moitié de ce qui était prévu. La catastrophe !

Pour le pouvoir, c’était un simple accident de parcours, et sûrement pas un retournement de conjoncture. Les vieux, surtout ceux qui font Alzheimer, allaient vite oublier !? Les cheminots allaient se coucher au bout de deux jours de grève ! Ceux qui travaillent et qui devaient se lever de bonne heure le matin et ramer pour arriver à leur boulot ne seraient pas affectés. Pour le peu qu’on aille en ¼ de finale au foot et tout allait redécoller. Las !

En juillet, l’INSEE annonçait que la croissance du deuxième trimestre serait la même qu’au premier. Soit 0,2% du PIB, et encore en arrondissant au chiffre supérieur.

En France, le chômage ne régresse pas, la confiance dans le pouvoir s’érode, les taxes s’accumulent, les prix augmentent de tous les côtés. On pioche même dans ses économies pour boucler le mois, payer les impôts, l’essence, l’électricité. L’argent dépensé en Russie par les supporters des Bleus n’aura rien rapporté à la France. Et ce ne sont pas quelques maillots de foot, valant 5. euros à fabriquer en Chine et revendus 140. euros pour le profit de marques étrangères qui vont changer la donne.

Avec l’affaire du barbouze, ce Benallagate, dans laquelle se débat l’Élysée en ce mois de juillet, la confiance n’y est pas. Mais elle n’y est plus depuis un moment.  Une commission d’enquête bâclée à l’Assemblée, et c’est la grogne chez de nombreux députés qui demandent la censure. Tout se fissure.

Bien des français sont restés à la maison à cause des grèves de la SNCF, ou ont retrouvé le chemin des destinations de vacances à prix cassés, comme la Tunisie, plutôt que les campings français. A Djerba, on vend des séjours – sans doute à perte – pour sauver le parc hôtelier, même si cela ne devrait pas durer.  Il est plus agréable de passer des vacances à l’hôtel, en pension complète que de vivre en mobil home et de se faire la bouffe. Et en plus de se faire dévorer par les moustiques car tout le monde se renvoie la balle pour traiter le problème. Mais qui se préoccupe encore des vacanciers ! Qu’il amènent leur pognon et qu’ils la ferment.

Les français qui payent la taxe d’habitation et auxquels on avait dit qu’elle disparaîtrait en 2018, continuent d’être prélevés chaque mois. Qui peut croire qu’on va leur rembourser de l’argent à la rentrée ? Ils se sentent roulés. Ils ont raison.

Et les mauvaises nouvelles s’ajoutant aux mauvaises, il n’y a plus de réduction d’impôt si on fait des travaux chez soi ou si on change ses fenêtres. Pire, la TVA à taux réduit sur les travaux pourrait remonter au taux normal. Alors avec cette canicule les français songent plutôt à acheter un climatiseur coréen qu’à faire des investissements pour économiser l’énergie. Cela ne contribuera pas à faire régresser le réchauffement climatique. Un changement climatique qu’on ne veut pas voir, qui s’aggrave d’année en année, et que l’on continue de considérer comme une anomalie qui ne se renouvellera pas ! Et on rachètera encore d’autres climatiseurs venant du bout du monde.

Tour comme on ne veut pas voir que ce gouvernement navigue à vue, sans cap, sans boussole, nous laisse partir en vacances en nous disant que tout va s’améliorer comme par enchantement à la rentrée. A les entendre, la croissance pourrait reprendre, juste en faisant quelques prières, au dernier trimestre. Le ministre, optimiste, ne croit certes plus aux 2%, mais il revoit sa prévision à 1,7% et même peut être 1,8% de croissance pour l’année. Alors qu’on en est seulement entre 0,3 et 0,4% à la fin du premier semestre ! Mais on peut toujours rêver.

A Bruxelles, la France n’ose pas tenir le même discours. Et l’Europe qui voit qu’on va droit dans le mur conseille à notre Président de raboter les retraites, réduire les allocations chômage, et augmenter les impôts. Tout en même temps. Mais qu’on se rassure  leur répond Macron, si la croissance n’y était pas, on peut encore réduire le déficit pour respecter les engagements. A défaut de recettes, on peut encore faire d’ici la fin de l’année des économies dans le fonctionnement de l’état. Mais lesquelles ? On va virer des policiers, des juges, des infirmières, dès la fin du mois de septembre ?

Le gouvernement l’a dit : « nous sommes dans la bonne direction, il suffit d’être patients ». Raymond Barre, en Août 76, disait : « nous sommes sur la bonne voie, et on verra bientôt le bout du tunnel ».

Bonnes gens partez en vacances, mais achetez dès maintenant votre billet de retour. Quand vous le pouvez encore ! Et moi j’ai déjà bouclé mes valises, mais je ne suis pas invitée à Brégançon.

Signé : Gersende

Tags : « ils écrivent pour d’autres mais pour nous aussi ».

Le casse tête de la suppression de la taxe d’habitation et de son remplacement pour le budget des communes.

18 mai 2018

L’Édito de notre politologue « Gersende »

Le casse tête de la suppression de la taxe d’habitation et de son remplacement pour le budget des communes.

Après un an de gouvernance, le nouveau Président Macron n’aura pas été capable de déterminer comment il va remplacer la taxe d’habitation sauf à créer un nouvel impôt ou en augmenter un autre, ce qu’il prétend se refuser à faire – qui pourrait le croire – et nous enfume sans savoir vraiment où il va. Mais s’imaginer que les communes pourraient vivre sans cette rentrée fiscale est une utopie. Elle peuvent certes faire des économies en supprimant ce qui relève du clientélisme, du superflu, des frais de bouche,  voitures de fonction et autres privilèges d’un autre âge. Mais au delà !

Pour augmenter la CSG pour les petits retraités le Président Macron n’aura pas tergiversé. Quel courage que le sien pour piquer la retraite des vieux. Notre Lucky Luke de la Banque Rothschild tire plus vite que son ombre. Il fallait avoir fait l’ENA pour avoir une telle idée. Une augmentation de cette CSG devant être compensée, expliquait il comme Pinocchio. Un bobard auquel certains ont cru avec une grande naïveté. Pourquoi remplacer une chose par une autre. Pourquoi modifier l’existant ? Une augmentation de la CSG compensée – nous raconte t’on – par la disparition de la taxe d’habitation qui devait être initialement supprimée au dernier trimestre 2018. Puis… en 2019, ou bien en 2020. Avant les Municipales ! La ficelle étant un peu grosse. On parle maintenant de 2021. Et on pourrait très bien en faire un objectif pour le second quinquennat de Macron !

Pour le moment on parle, sans date, de ne la supprimer qu’à 80%, les 20% des contribuables qui continueront à la payer pourraient la voir doublée, peut être triplée. Personne n’en sait rien. Du grand n’importe quoi. On a rarement vu une telle politique de gribouille. De l’improvisation. Mais on n’est pas au théâtre lorsqu’il déclamait sous les yeux de sa Chimène.

Pour revenir à la genèse de cette affaire, il y a le constat – et c’est la bien triste vérité – que de nombreux maires, de droite comme de gauche, sont des mauvais gestionnaires, ou des paresseux qui n’ont pas envie de chercher comment faire des économies. On fait le budget communal et ensuite on ponctionne le citoyen. C’est tellement simple. Alors on voit des augmentations de 3%, 5% plusieurs années de suite. Ici ou là 7% et pourquoi pas 15%. Le fait que certains maires soient âgés et fassent n’importe quoi, aient un niveau d’éducation minimum, une intelligence toute relative, et qu’ils aient pris des mauvaises habitudes ne peut pas être un prétexte pour excuser leurs insuffisances.

On ne pouvait plus tolérer qu’année après année on augmente la fiscalité communale dans des proportions n’ayant plus rien à voir avec l’inflation. Mais c’est aussi la faute du citoyen électeur qui tolère que ses élus se comportent parfois d’une façon que d’autres pays qualifient plus ou moins de dérive mafieuse. A TORT. Car il n’y pas d’enrichissement personnel à la clef. On a simplement donné le pouvoir à des incapables qu’il aurait fallu dégager avant de nous parler de cette idiotie de suppression du nombre de députés ou sénateurs.

Et il fallait davantage faire fusionner des communes plutôt que faire des agglos sans supprimer les départements. Il fallait indexer la fiscalité locale sur l’augmentation du coût de la vie comme on le fait le plus souvent ailleurs en Europe du Nord.  La superposition des couches d’un millefeuille devenu ingérable est perçu comme l’héritage que nous laisse la Gauche et c’est l’une raisons majeures de sa disparition du paysage politique. Lors de son début de campagne, le Président Macron parlait de geler le taux de prélèvement de cette taxe d’habitation pour obliger les maires à faire leur boulot. Pour une fois une excellente idée recevant l’adhésion de nombreux électeurs, aujourd’hui dépités.

Sauf que l’état n’a pas le pouvoir de le faire, la gauche ayant fait en sorte que le bloc communal reste maître de ses finances. Avec même l’arrière pensée pour cette Gauche plutôt fourbe de refiler aux collectivités territoriales le maximum de responsabilités pour ne pas augmenter l’impôt sur le revenu au niveau national. Ensuite, que les communes, les agglos se débrouillent. Quelle imbécillité. Quelle duplicité !

Alors le Président Macron a demandé à son premier ministre un rapport qui vient de sortir. Un devoir de 153 pages réalisé par un ancien préfet et un sénateur. Dans lequel on s’imaginait sans doute trouver des solutions toutes faites. Mais ce n’est évidemment pas le cas. On cherche plusieurs dizaines de milliards d’euros. Après il faudra s’occuper du déficit de la SNCF. Trouver de l’argent pour les EHPAD. Tout va très bien Madame la Marquise ! Alors on lit dans ce rapport des idées les plus lumineuses les unes que les autres. Pour ce qui est de taxer lourdement les résidences secondaires c’est quasiment acquis. Pour taxer les logements vacants c’est comme si c’était fait. Mais l’une des propositions de ce rapport est de faire compenser la suppression de la taxe d’habitation qui permet aux communes de vivre, par un reversement en leur faveur d’une partie non négligeable des impôts départementaux et régionaux. Et même des impôts perçus par les agglos. On marche sur la tête.

Car comment va t’on compenser ce trou dans les finances du département ou de la région, on n’en sait foutre rien. Va t’on nous resservir l’histoire du mec qui creusait un trou pour boucher celui d’à côté ?  Non, le rapport dit qu’il faudrait commencer par faire des économies. 153 pages pour en arriver là.  Faut il pleurer ou en rire ? Et serait t’on à la veille de faire marche arrière et de redonner des compétences aux communes. Celles là même qu’on leur a prises pour les donner aux agglos. De quoi devenir fou.

Et puis on en revient à l’idée d’augmenter la taxe foncière. On ne crée pas un nouvel impôt. On modifie un impôt existant, comme on l’a fait pour la CSG ! On ne modifiera pas le taux d’imposition mais la base. Quelle différence ? On prend vraiment les gens pour des abrutis.

Tremblez petits retraités. Vous êtes des nantis, des parasites pour notre société. Vous coutez trop chers pour nos EPHAD. Et si on reparlait d’euthanasie ? Si jamais vous avez passé 40 ans à vous priver, à vous serrer la ceinture pour acheter votre petite bicoque pour vos vieux jours, vous allez morfler ! Vous n’échapperez pas à la Taxe Foncière même si vous ne touchez que le minimum vieillesse. Quelle mauvaise idée d’avoir voulu devenir propriétaire !  

Brigitte, au secours ! Emmanuel, le président des riches, ne serait il pas – ET EN MÊME TEMPS – un peu…. communiste ?

Gersende

POSTMASTER : Merci Gersende pour cet éclairage. On peut trouver le rapport à cette adresse sur internet :

https://www.gouvernement.fr/partage/10180-rapport-de-dominique-bur-et-alain-richard-sur-la-refonte-de-la-fiscalite-locale

 

 

 

Gersende nous parle de la dernière manipulation de Macron !

11 août 2017

Gersende qui partait hier soir en vacances pour seulement quelques jours puisqu’elle aura assisté, en spectatrice à l’assemblée, au vote de la loi sur la Moralisation mercredi , nous envoie ce billet :

«  » Encore une Macronnerie (on retient le mot), que cette polémique sur l’utilité des militaires pour nous protéger.

Certes, leur rôle n’est peut être pas de se trouver dans les rues de nos villes mais on n’a toujours pas supprimé l’obligation faite aux policiers de faire trois sommations avant de tirer sur un terroriste qui les mettrait en joue. Le policier visé sera mort avant d’avoir seulement fait la deuxième sommation !

Les gendarmes ont déjà plus de droits mais seuls les militaires peuvent agir sans avoir à en référer à une hiérarchie.

Alors quand le Président Macron « échange » avec le nouveau Général en chef  la promesse de retirer les militaires de l’opération sentinelle en échange des réductions de budget, il faut bien trouver une façon de s’en sortir sans que l’opinion publique ne s’en émeuve.

D’où les consignes données aux réseaux de la République en Marche par l’entourage du Président. La dernière consigne qu’on leur aura donné avant de partir en vacances. Faire naître, en sourdine, auprès des médias, et avec doigté, l’idée que les militaires ne servent pas à grand chose. Pour permettre au Président, s’il prend une décision, de ne pas se déjuger aux yeux des citoyens. Une nouvelle façon de noyauter les médias et les consciences.

Car il y aura toujours des imbéciles pour faire rebondir une rumeur pour ensuite l’exploiter.

Quant à la fin de l’État d’Urgence, prévu avant la fin de l’année, personne ne dit au citoyen que cette situation particulière qui permet aujourd’hui aux forces de police d’avoir certains droits qui contredisent les règles européennes, aura un impact certain.

Ainsi la police n’aura plus le droit de refouler aux frontières des migrants. Qui pourront errer dans les rues de nos villes sans qu’on puisse leur demander leurs papiers.

L’auriez vous vu comme cela ?

La République en Marche a plus d’un tour dans son sac. On ne demande pas aux élus de ce parti du Président de réfléchir mais d’obéir. Et colporter auprès des médias les éléments de langage qui sont fabriqués à l’Élysée. Et ce n’est qu’un début. Mais bonnes vacances à tous !

Gersende

Merci Gersende, et pour ce qui est des vacances, chez Blog-Cabestany, c’est le grand désert et on écrit nos articles sur le sable à Canet. La voix aigüe de « la chipie » nous manque. Pas à ses élèves, parait il. C’est de l’humour !