Archive for 18 octobre 2021

« Touchez pas à nos maisons ! » prévient Maxime Tandonnet.

18 octobre 2021

Touchez pas à nos maisons!

Publié le 16 octobre 2021 par maximetandonnet

Jeudi, le pouvoir politique s’en est pris à la maison individuelle, « ce rêve construit pour les Français dans les années 70 », « ce modèle d’urbanisation qui dépend de la voiture pour les relier », sont un « non-sens écologique, économique et social ». « Le modèle du pavillon avec jardin n’est pas soutenable et nous mène à une impasse », selon des propos rapportés par plusieurs médias. A la suite de ce discours, le pôle Habitat de la Fédération française du bâtiment (FFB) a « déploré la stigmatisation persistante de l’habitat individuel, à contresens des aspirations des Français » sur Twitter, tandis que la Fédération des constructeurs de maisons individuelles s’est dite « révoltée contre de tels propos tenus par une élite parisienne dite écologique et pourtant très loin des territoires, des habitants et de leurs préoccupations », dans la presse spécialisée. Dans un communiqué vendredi soir, le ministère de la Transition écologique affirme qu’ il n’est pas question d’en finir avec la maison individuelle.

Oui, mais tout cela a quand même été dit à travers des paroles qui ne souffrent guère d’ambiguïté. On se doute bien que 50% des Français qui vivent en maison individuelle ne vont pas être évacués du jour au lendemain de leur domicile avant que les murs de leur maison ne soient rasés… Mais pourtant, quoi qu’il en soit, de tels propos reflètent une image négative de la maison individuelle. Comment les interpréter?

  • La maison individuelle avec son jardin est emblématique de la vie privée, de l’intime, de la famille et de la liberté. Nous sommes face à un pouvoir qui a pris, à la faveur de la crise sanitaire, un goût morbide au bannissement de la liberté: de confinements en couvre-feu jusqu’au passe sanitaire, mesures qui se sont révélées aussi liberticides qu’inutiles. Le bannissement de la maison individuelle et des jardins, refuge de la vie privée, est tacitement dans la même logique.
  • La maison individuelle avec son jardin est le rêve de 75% des Français, un rêve simple, populaire, familial. La loi du mépris veut qu’un rêve populaire soit connoté « populiste » aux yeux de la France d’en haut. Dès lors que les sans dents, les Gaulois réfractaires et ceux qui ne sont rien vivent heureux dans leur maison individuelle ou rêvent d’y accéder, ce bonheur ou ce rêve qui détournent les Français de la sublimation de leur caste dirigeante, agacent en haut lieu et doivent être vilipendés.
  • L’écologisme (bien éloigné de toute préoccupation concrète de protection de l’environnement) est une idéologie, comme le communisme ou le fascisme. Il tend vers un avenir radieux écrasant toute autre considération. La liberté, le bonheur individuel doivent s’y plier. Y compris ce à quoi les Français sont les plus attachés: leur toit et leur jardin secret. Cette vision imprègne le discours anti maison.
  • Sans doute il y a-t-il aussi une part de politicaillerie et de provocation: se faire remarquer à tout prix par des déclarations explosives, recouvrir les échecs, l’impuissance, les déceptions par des polémiques en tout genre, mais tel n’est pas l’essentiel.
  • Il ne faut pas se faire d’illusion: tout ceci relève d’autre chose que de paroles en l’air, mais d’une idéologie. Les dirigeants qui s’en font les porte-paroles ne disposent probablement pas des outils intellectuels leur permettant de prendre la mesure de leurs déclarations [faire dater la maison individuelle des années 1970 n’est pas le signe d’une grande lucidité ou culture et nous n’allons quand même pas nous attendre à ce qu’un ministre actuel ait la moindre idée de la pensée de Locke sur le lien entre la liberté et la propriété!]. Mais cette sensibilité, cette vision se traduira demain dans les faits par des politiques notamment fiscales destinées à pénaliser la maison individuelle et son jardin puis décourager les propriétaires – sur le même modèle que la voiture – tout ce qu’au fond d’eux même, ils haïssent: la liberté, le bonheur individuel, la vie privée.
    • Maxime Tandonnet