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« Diriger le destin des hommes suppose le sacrifice de soi » écrivait Henri de Montherlant !

26 avril 2019

« ils (ou elles) écrivent aussi pour nous ! » – « nous relayons leurs articles avec leur accord » – « c’est eux qui qui le disent » – « Liberté d’expression » – « ça nous plait »

 

ou le billet de « Gersende » suite à l’intervention du Président à la télévision.

« Gersende » écrit :

« Diriger le destin des hommes suppose le sacrifice de soi » écrivait Montherlant dans « La Reine Morte », mais notre Président de la République doit penser qu’une telle phrase ne peut pas s’appliquer à lui ! Qu’il n’est quand même pas là où il est pour être au service des Français !

J‘ai écouté attentivement notre Président et je crois avoir compris le cheminement de sa pensée. J’ai fait le rapprochement avec cet ouvrage qui m’avait marquée lorsque j’étais étudiante, ce drame nommé « La Reine Morte », qui dépeint les déchirements qui peuvent étreindre un homme (ou une femme) qui sont en charge de diriger un état. Surtout lorsqu’ils sont obstinés et imbus de leur personne. Quand ils pensent être supérieurs aux manants qui composent ce peuple qu’ils sont obligés de conduire. Persuadés que la destinée leur a confié une mission qu’eux seuls peuvent remplir. Et qu’ils croient savoir mieux que quiconque ce qui est bon pour autrui, même si c’est contre la volonté de ce dernier.

Je relis dans mes pensées cette phrase : « il y a des erreurs que l’on commet, sachant que ce sont des erreurs ». Mais lui est certain de ne jamais en commettre. Et pourtant comme toutes les phrases qu’il a prononcées ce jeudi soir devant les journalistes sonnaient faux. On devinait qu’il avait envie par moments de hurler sa rage rentrée contre tous ces abrutis qui s’imaginent pouvoir oser lui tenir tête. Sans parler de ceux contre lesquels il a de la haine : les gilets jaunes. On décelait que la colère qu’ont les citoyens contre lui était sûrement moindre que celle que lui a contre SON peuple. Incapable de reconnaître les mérites du chef infaillible qu’il est.

Ce Président s’occupait auparavant dans une banque des fusions entre sociétés. Avec une obligation de moyens, ceux dont un banquier dispose avec les fonds qui ne lui appartiennent pas. L’argent des autres ! Sans obligation de résultats pour lui  si l’on sait qu’une fusion d’entreprises sur deux est un échec. Ce qui n’empêchera pas la banque et lui même de toucher ses honoraires. De très importantes sommes.

Notre Président n’a jamais rêvé d’entrer en politique, mais comment faire autrement lorsqu’on s’imagine avoir un destin national ? Il faut parfois traverser la cuisine avant d’arriver au salon. En se bouchant le nez.

Le destin aurait donc choisi l’homme providentiel pour modeler un pays et dresser ses habitants à sa main. Pour faire plier et faire obéir des gaulois inintelligents, réfractaires et frustes qui ne savaient pas qu’ils avaient besoin d’un sauveur ! Lui, Macron, étant l’Elu !

Toujours pour paraphraser Montherlant, dans son admirable pièce, La Reine Morte, il y a cette réplique : « il y a jusqu’à l’obsession de ce qu’on ne désire pas ». Ce qui semble être l’état d’esprit de notre Président, lequel a aucun moment ne se remet en cause. Ne doute de lui même. Obsédé par ce qu’il promet aux Français sans y croire lui-même.

Je concluerai mon billet en prenant la défense de Nathalie Loiseau. Sa tête de liste pour les Européennes. Qui n’a pas besoin de moi pour la défendre mais elle le fait tellement mal. Une femme généreuse que ce Président ne mérite pas. Car n’a t’on jamais vu dans une entreprise, un salarié qui se sent bien, qui aime son travail, qui ne fait pas de syndicalisme ou de politique, et qui un jour a du ressentiment parce qu’il pense être l’objet d’une injustice. A cause d’un chef qui n’est pas à sa place et peut être le harcèle. Ou parce qu’il n’a pas eu l’augmentation de salaire promise ou la promotion programmée. Et ce salarié qui se sent injustement traité décide un beau matin de rejoindre un syndicat qui ne correspond pas à ses orientations mais saura le mieux prendre sa défense.

Il m’est arrivé, lorsque j’étais étudiante, d’avoir rejoint un syndicat pour ces mêmes raisons d’une colère passagère. Un syndicat contraire à mes idées. Je l’ai rapidement quitté. On ne m’en fera jamais le reproche car jamais sans doute je ne me retrouverai dans la position de Nathalie Loiseau à laquelle on fait un procès plutôt minable. Son destin ne sera quand même pas aussi cruel que celui de Dona Inès de Castro, dans le drame de Montherlant.

Gersende, à Paris le jeudi soir 25 avril 2019, à 23 h 00.

La Rédaction : Merci pour nous avoir envoyé cet article, Gersende !