Nous avons lu dans un hebdomadaire cette semaine l’interview du Président des Républicains !

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Sécurité et défense

Publié le 24/01/2019

Terrorisme islamiste : refuser la soumission

Grande absente du débat national, la lutte contre le terrorisme islamiste ne doit pas se relâcher. Pour le combattre, il faut adapter notre arsenal juridique, estime le président des Républicains, Laurent Wauquiez dans une tribune à Valeurs actuelles.

Laurent Wauquiez dit :

«  » Parmi les sujets que le gouvernement refuse d’aborder dans son grand débat, il en est un qui nécessite plus que d’autres une vraie discussion : la lutte contre le terrorisme islamiste. Il est urgent d’avoir un débat enfin sérieux sur ce sujet, loin des émotions suscitées par chaque drame, qui finissent par paralyser l’esprit.

Prendre d’abord du recul pour voir la vérité. Plus de 250 morts assassinés par des djihadistes ; des Français tués parce qu’ils étaient juifs ; les symboles de la République pris pour cible ; des meurtres aussi bien dans les domiciles que dans les lieux publics. François Hollande a tergiversé sans oser nommer l’ennemi. Emmanuel Emmanuel Macron est dans dans l’inaction. Il est sorti de l’état d’urgence en annonçant que l’État islamique a été vaincu. Le très beau discours d’hommage au colonel Beltrame est tristement resté sans suite.

La réalité, c’est que le pouvoir s’habitue. Il s’habitue à voir des Français fauchés par la folie meurtrière d’un islamiste. Le dernier attentat de Strasbourg en a été une fois de plus le terrible révélateur. Une journée complète à se demander si quelqu’un qui tue en poussant le cri d’« Allahu akbar » est un terroriste islamiste. Et surtout, on assiste à chaque fois à la même mécanique qui interdit toute réflexion. Au moment de l’attentat, seules les déclarations de compassion sont autorisées ; après l’attentat, on s’empresse d’oublier en attendant le prochain. Et rien ne change. On s’est enfermé dans une routine fatale. On s’interdit de réfléchir aux mesures qui pourraient être prises. C’est pour cette raison qu’il est indispensable de revenir à froid sur ce débat.

La question n’est pas une question facile à poser et je n’en sous-estime nullement les implications. Comment la démocratie peut-elle se défendre contre les ennemis de la démocratie sans perdre son âme ?

La menace a en quelques années totalement changé de nature. Nous devions surveiller quelques personnalités ; ils sont aujourd’hui des milliers. Il s’agissait de réseaux organisés ; nous avons de plus en plus affaire à des individus qui se radicalisent en quelques mois et qui sont prêts à mourir pour tuer. Et nous pensons sérieusement que nous arriverons à les combattre sans adapter notre arsenal juridique ?

Parmi les fichés pour radicalisation terroriste, 4 000 sont considérés comme particulièrement dangereux et capables de passer à l’acte du jour au lendemain. Pourquoi refuser leur internement préventif ? Nous le faisons pour des malades atteints de troubles psychiatriques et on ne le ferait pas pour les terroristes ? Plus de 3 000 de ces individus fichés sont de nationalité étrangère. Pourquoi refuser de les expulser vers leur pays d’origine ? Quelque 200 djihadistes de nationalité française sont encore en Syrie et pourraient revenir semer la mort dans nos rues. Pourquoi refuser de leur interdire le retour en France ? Il y a une centaine de mosquées salafistes et le gouvernement n’en a fermé que cinq. Pourquoi refuser de les fermer ? Plus de 400 détenus radicalisés vont sortir de prison cette année. Pourquoi refuser de les placer en rétention de sûreté, comme cela existe depuis 2008 pour certains criminels présentant « une probabilité très élevée de récidive » ?

Ce qui l’empêche, nous dit-on, c’est que « notre droit l’interdit ». Mais le droit n’est pas immuable dans une démocratie. Il n’est pas une fin en soi, mais un moyen pour permettre à la démocratie de se défendre. On peut, bien sûr, discuter de la mise en œuvre de telle ou telle mesure. Mais cessons de bannir a priori toute réflexion. C’est au droit de s’adapter à la lutte contre ce nouveau terrorisme.

Certains invoquent la sauvegarde des libertés individuelles, voire de la démocratie. Mais où est la dictature dans ces mesures ? Il va de soi que l’internement préventif ou la rétention de sûreté seraient décidés sous le contrôle du juge. L’Allemagne prévoit dans sa Constitution la lutte contre tous ceux qui veulent abattre la démocratie ; l’Italie expulse dix fois plus d’étrangers islamistes que la France ; Israël a recours depuis longtemps à la rétention administrative ; l’Espagne punit l’endoctrinement et prévoit dans sa Constitution une justice d’exception pour les terroristes. S’agit-il là de pays dictatoriaux ?

Rousseau nous rappelait avec lucidité que le premier devoir du politique, c’est de protéger. Le pire en démocratie, c’est de refuser le débat. Oui, il est possible de lutter contre le terrorisme islamiste. Oui, cela suppose de changer notre droit pour faire face à ces nouvelles menaces. Oui, c’est un choix politique. Nous ne pouvons plus rester dans cette « mortelle défaillance collective » décrite par Pierre Manent, « incapables de ne rien changer à la conduite de notre vie même pour la sauver ». Il est temps que nous en sortions. » »

Laurent Wauquiez

Tags : « c’est eux qui le disent » – « Les Républicains  » – « no comment « 

Une Réponse to “Nous avons lu dans un hebdomadaire cette semaine l’interview du Président des Républicains !”

  1. cequikikoz Says:

    on avez les gilet jaunes puis les foularts rouge a quand les calbar verts §

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