« Non, on ne va pas vendre l’Alsace à l’Allemagne aujourd’hui, mais….. » écrit Electron Libre

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Aujourd’hui, 22 janvier 2019, le Président français, Emmanuel Macron, se rend à Aix-La-Chapelle, en Allemagne, pour signer, avec la chancelière allemande, Angela Merkel, un traité qui doit relancer « l’intégration » entre la France et l’Allemagne !? En ce jour anniversaire d’un Traité de l’Élysée dont vous n’avez sans doute jamais entendu parler et qui date de 1963. Il s’agit pour nos deux dirigeants politiques de grimper une nouvelle marche dans un rapprochement irréversible entre Paris et Berlin.

Angela avait pris des mesures pour que le contenu de ce nouveau traité, prévu quand même de longue date,  ne soit pas connu à l’avance. Démocratie oblige !!! Du côté de la France, notre Président en avait décidé de même. Ça c’était avant les Gilets Jaunes, avant que les réseaux sociaux ne parlent d’une vente de l’Alsace à l’Allemagne. Farfelu : sans doute.

Si les choses s’étaient passées comme les deux leaders le souhaitaient, le texte du traité concerné n’aurait été connu que le jour de la signature. En fait, le texte a fuité à l’initiative de l’un des bons ou mauvais génies qui conseillent notre Président. Qui a aussitôt officialisé sa mise en ligne pour éviter bien des arrières-pensées et encore des tracas pour lui.

Un texte qui va dans le sens de la philosophie allemande qui voudrait voir l’avènement d’une « Europe des régions », faisant fi des nations. Une Europe dirigée par l’Allemagne. Ce qui fait dire à certains extrémistes que ce que les allemands n’ont pas réussi avec leurs panzers en 40, ils pourraient réussir à le faire en 2019 grâce à notre Président ! Incongru, certes !

On ose espérer que ce traité soit présenté pour être ratifié ensuite par le parlement. Voilà un sujet qui pourrait aussi être soumis à un referendum populaire, ce que le Président n’aura surement pas le courage de faire. Il est certain que les Français voteraient davantage le rejet du Président qu’un texte auquel ils ne comprennent rien.

Un traité qui touche à la souveraineté nationale. Mais on n’est pas à la veille de voir Berlin devenir notre capitale. On y parle :

  •  d’une politique de défense et d’une politique étrangère communes à nos deux pays. Incluant un engagement des deux pays à soutenir l’autre s’il était attaqué.
  • du soutien de la France pour que l’Allemagne dispose d’un siège permanent au conseil de sécurité de l’ONU. Et certains d’évoquer un siège partagé et tournant : six mois pour l’un, six mois pour l’autre.
  • de la possibilité de création de sortes de communautés urbaines, bien utopiques – à inventer – entre les deux pays (d’où cette rumeur de cession de l’Alsace). Car ce n’est pas demain que l’on verra un service de ramassage des ordures commun à Toulouse et Munich. Mais une gouvernance unique concernant l’économie d’une région allemande qui engloberait Strasbourg ? Des contrats de travail pour les Alsaciens, identiques au modèle allemand,  basés sur 40 heures hebdomadaires, des salaires renforcés pour les français, des acquis sociaux diminués ?  On aurait pas fini de voir du monde dans la rue !
  • du souhait de renforcer les liens économiques entre les deux pays mais dans le cadre d’une intégration renforcée dans l’Europe.

Plusieurs partis politiques, qui croient pourtant à l’Europe, sont quand même réservés sur la nécessité de signer un tel traité. Qui va davantage vers un renforcement de la monnaie Européenne plus ou moins dirigée par l’Allemagne. Et qui marginalise même les pays d’Europe qui ne sont pas passés à l’Euro. Le Brexit provoque tellement d’inquiétude. Mais plus pour la solidité de l’Euro que sur l’unité de l’Europe. Étrange !

Et à Londres, depuis plusieurs jours, car si les français veulent savoir ce qui se passe dans leur pays, mieux vaut pour eux de lire la presse britannique, on ne parle que de ce traité. Qui donne des arguments aux partisans du Brexit.

Quand en cas de conflit entre l’Allemagne et un autre pays, on devrait utiliser peut être  l’arme nucléaire pour défendre l’Allemagne. Mais on voit mal l’Allemagne être l’objet d’une guerre dans laquelle la France ne serait pas impliquée.

Et quel avantage pour la France si elle permet à l’Allemagne d’avoir un siège permanent au Conseil de sécurité,  de temps à autres, à notre place ?

Quant à la création de ces communautés urbaines entre nos deux pays, on n’en est pas encore là. Car cela voudrait dire qu’on abolit complétement les frontières entre nos deux pays, ce qui est déjà plus ou moins le cas. Alors concernant les migrants que l’Allemagne a fait entrer en masse ? Et des impôts locaux payés à une agglo allemande ?

Et surtout, va t’on vers une uniformisation de la fiscalité, de la transition énergétique, comme Madame Merkel demande aux Français de les faire, sans succès, depuis bientôt dix ans.

Il y a pour le moins un paradoxe à ce qu’un traité de cette ampleur soit signé par un président français entravé par les problèmes de confiance avec les citoyens de son pays et la chancelière allemande profondément affaiblie politiquement, dont les jours sont comptés.

Voilà qui nous donne des craintes. Pas de voir l’Alsace cédée aux Allemands, bien évidemment. Mais de voir une partie de notre souveraineté disparaître dans un traité qu’on s’apprêtait à cacher – à l’avance – aux citoyens de nos deux pays !? Le mettant devant le fait accompli. Mais n’est ce pas justifié ?

Et va t’on demander leur avis aux Français ? 

Vous reprendrez bien un « Cocktail Schengen» : un tiers de Beaujolais, un tiers de bière Belge, et le dernier tiers de Schnaps ! Pouah !

Electron Libre

La rédaction de Blog-Cabestany : Merci à vous, Électron Libre, journaliste d’opinion à Paris, indépendant, de nous honorer de votre confiance, en nous adressant des fiches de travail, gratuitement, que vous pensez pouvoir nous intéresser. C’est toujours le cas. Des documents préparés par vous qu’on retrouve sous forme d’articles dans divers médias, sous différentes signatures, et dont les tournures de phrase changent pour éviter toute ressemblance. NOUS, on vous publie sans changer une seule virgule ! Cela donne une certaine valeur à notre Blog que de pouvoir y insérer du contenu de gens de qualité. Mais une opinion reste une opinion, pas une conviction ! MERCI.

Et quand l’agence de presse allemande Reuters, l’équivalent de l’AFP, émet l’idée de l’étude d’une fusion éventuelle, et pour nous improbable, entre notre Assemblée Nationale et le Bundestag, faut il s’étonner que les réseaux s’enflamment ?

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