La méthode « Macron » : expliquée par un ambulancier. Pour Blog-Cabestany!

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« c’est vous qui le dites »

Blog-Cabestany aura reçu encore pas mal de mails tout au long de la semaine. Avant ce fameux samedi sur lequel on ne va pas revenir en boucle.  Avec des invectives contre le Président et son gouvernement. Mais cela ne fait guère avancer les choses. Des « gilets jaunes » s’épuisent de froid sur nos ronds points et ont toute notre sympathie et nos encouragements. Il est facile d’encourager ceux qui sont sur le terrain lorsque nous on reste au chaud et qu’on peste parce que le réservoir de gas-oil est vide. Et certains d’entre nous ont pris les transports en commun pour la première fois de leur vie. Une galère sauf lorsqu’on peut se permettre d’arriver en retard au boulot. On a dit « au boulot » car pour aller au Boulou on attend encore que notre avion soit annoncé.

Par contre, lorsqu’un citoyen explique sa situation et donne des précisions, on comprend déjà mieux certaines colères.

On l’appellera « Bernard ». Il est le patron d’une petite entreprise d’ambulances qui comprend 6 salariés dont son épouse qui devrait rester au bureau pour remplir des formulaires administratifs à n’en plus finir, prendre les rendez vous, s’occuper de la comptabilité car l’administration est la plus mauvaise payeuse qu’on puisse imaginer. Et souvent de mauvaise foi. Comme si un petit fonctionnaire se délectait de vous gruger de 10 euros. Cela en lui fera t’il plus à lui à la fin du mois ?

On reproduit le mail de Bernard, à quelques mots près :

« Bernard » a été salarié presque 20 ans dans une importante entreprise d’ambulances dont il est devenu depuis l’un de ses petits concurrents. Il y avait rencontré sa femme. Maigre salaire, horaires décalés, garde de week end ou de nuit mais il se rattrapait sur les heures supplémentaires.

Et puis il a franchi le pas et s’est installé à son compte. En s’endettant lourdement. Les véhicules coûtent chers et son banquier lui a conseillé d’acheter du diesel. Il a acheté des voitures d’occasion. Avec des normes qui changent tous les six mois. Et les véhicules neufs ? Entre le moment de la commande et celui de la livraison ils ne sont déjà plus aux normes Européennes. Et puis on entretient nos voitures. Pour être fiables. Mais au contrôle technique voilà que le technicien fait des histoires pour un allume-cigares de série qui ne marche pas. Comme si une ambulance était un espace « fumeurs ».

Depuis le 1er octobre ce sont les hôpitaux qui négocient les tarifs et mettent les entreprises en concurrence. Incroyable. Les courses sont toujours payées par l’administration mais l’hôpital demande une ristourne. Une histoire de marchands de tapis. Et n’est ce pas illégal ? Comme lorsque votre supermarché touche en fin d’année une « marge arrière » sur certains produits de la part des fournisseurs. L’hôpital allant aussi jusqu’à expliquer aux ambulanciers qu’il est logique qu’il paye lorsque le véhicule lui apporte un malade mais pas lorsque l’ambulance revient à son point de départ. A vide. Faudrait il qu’au retour l’ambulance transporte des légumes ? Grotesque.

Faut il déposer une mamie chez son kiné et si celui ci a pris du retard expliquer à la pauvre femme qu’elle n’a qu’à rentrer à pied car l’horaire journalier va être dépassé de 5 minutes. Lamentable !

Non seulement les tarifs baissent. Mais EN MEME TEMPS on nous reproche d’avoir des véhicules qui roulent au gas oil. EN MEME TEMPS le prix du carburant s’envole. En MEME TEMPS on nous contingente sur les heures supplémentaires. En MEME TEMPS, il faudrait rouler moins et laisser les malades se débrouiller par eux mêmes. Quant aux gardes de nuit ou de week end, les tarifs n’ont pas été relevés depuis 2004.

Son principal concurrent et ancien employeur qui a plus de 20 salariés, se propose de racheter son entreprise pour un montant dérisoire. Il l’a déjà fait avec plusieurs autres petites entreprises. Mais il ne reprendrait que les véhicules récents et pas les salariés, même si c’est contraire au Code du Travail. Parce que ceux ci étaient payés juste un peu plus que ce qui se fait ailleurs. Des personnes en qui j’ai confiance, explique Bernard, pour faire attention au matériel, mais surtout être aimables et attentionnés avec ceux qu’on considère comme des clients. On doit prendre soin des malades et les considérer autrement que si on transportait du bétail. Une démarche « maison ». Mais cela ne rentre pas dans les critères de l’administration. Avec un camion benne ça irait plus vite ! Et ça couterait moins cher !

Tout cela c’est la méthode « Macron ». Qui s’en prend aux petits artisans. A ceux qui pourraient créer des emplois. Innover. Le chômage ne baisse pas et on « rabote » partout. Sur les retraités, sur les classes moyennes, voire les pauvres. Sur les « petits ». Drôle de méthode !

Pour « Macron », son mépris des petites gens est « sans limites ». Son système avec les petites entreprises : faire baisser leurs rentrées financière, leur faire gagner « moins » et les taxer « plus ».

Bernard porte un « gilet jaune » mais ne pourrait pas aller bloquer les ronds points avec son ambulance s’il ne veut pas tomber en faillite. Ses salariés ne font plus que 35 heures par semaine et certains ont du prendre un autre travail !? J’ai du me séparer d’un conducteur qui travaillait le jour et était veilleur de nuit dans un hôtel la nuit. Et ce après plusieurs accidents. Enfin c’est plutôt lui qui est parti explique t’il car entre le choix pour son travail d’ambulancier et celui de gardien, il a choisi le moins pénible. Bernard travaille 15 heures par jour, parfois sans prendre de jour de repos, et son épouse a repris une ambulance. Ils font les comptes,…. la nuit.

Ce matraquage fiscal, dit « Bernard », c’est, nous explique t’on, pour qu’on utilise moins sa voiture, ou qu’on fasse du « co-voiturage ». Pour un ambulancier il faut m’expliquer comment faire ? Mais de plus en plus de malades se voient aussi refuser la prise en charge de leur déplacement médical par l’administration. Et vont arrêter de se soigner car ils ne vont y aller en patinette ! . Et puis son comptable a expliqué à Bernard que la solution pourrait être que ses salariés démissionnent et retravaillent pour lui mais en tant qu »’auto-entrepreneurs », payant eux mêmes, ou pas, leurs cotisations ! Lui n’aurait plus de charges sociales à payer. Travaillant dans le secteur du social quelle drôle d’idée.

Bientôt on verra un urgentiste à l’hôpital, être auto entrepreneur immatriculé en Irlande, ou un pompier polonais (pas un plombier) qui fournit son propre tuyau d’incendie. S’il est compatible avec les tuyaux français ! Ce pouvoir marche sur la tête !!!

La colère gronde chez les Français, les revendications sont multiples et parfois contradictoires, mais ce pouvoir fait tout pour écraser les citoyens, conclut Bernard.

La rédaction : Blog-Cabestany est ouvert à ce genre d’interventions. Nous envoyer des injures contre le pouvoir n’avance à rien. Mais nous expliquer votre colère est sans doute plus productif. Alors, merci Bernard.

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