Archive for 3 décembre 2018

« Lettre ouverte au Président de la République »

3 décembre 2018

« c’est eux qui le disent »

Lundi soir. Nos amis, les « Gaullistes de Sceaux » viennent d’envoyer à nos autres amis du « Cercle Gaulliste de Réflexion Politique et Sociale », la « Lettre Ouverte » que Bruno Retailleau, du Parti « Les Républicains » devrait adresser d’ici quelques minutes, ce soir, au sortir de son entrevue avec le Premier Ministre, au Président de la République. Un scoop. Qui sera sans doute demain dans tous les médias. Mais en attendant, Blog-Cabestany vous en fait profiter. 

 

Monsieur le Président de la République,

Le soir de votre élection, vous avez marché dans la cour du Louvre et le tableau avait de l’allure. Beaucoup crûrent alors que vous alliez restaurer la fonction présidentielle dans le cœur des Français. Aujourd’hui, cet espoir est brisé.

Quelque chose, pourtant, aurait dû alerter ce soir-là. Vous marchiez avec solennité, certes ; mais vous marchiez seul. Loin devant et le peuple derrière. Il me semble que dans cette solitude originelle, il y avait déjà une mise à distance des Français.

Ces Français ont le sentiment que vous ne les comprenez pas. Pour eux, la vie est difficile. Pour eux qui ne savent pas comment payer leur loyer, les fins de mois seront toujours plus angoissantes qu’une fin du monde qu’ils ne verront pas.

Soyons juste : ce n’est pas seulement de votre faute, loin s’en faut. Nous touchons les limites d’un système : l’illusion de la fin du travail, avec la retraite à 60 ans et puis les 35 heures; le mythe de la mondialisation heureuse et son cortège d’usines fermées et d’identités méprisées; le mirage de l’individualisme avec l’explosion de nos solidarités humaines qui formaient autant de couches de protections intermédiaires.

Ce système s’écroule, miné par l’effondrement du dogme qui l’avait érigé : le salut par l’Etat dans le culte du progrès. Votre erreur -qui fait votre malheur- c’est de n’avoir pas compris que les Français n’y croyaient plus.

Car si tant de Français ont protesté par procuration avec les Gilets jaunes, c’est qu’ils sentent que, malgré leurs efforts, malgré les impôts qu’ils payent et les normes qu’ils subissent, votre politique ne produit pas de résultats. Pire, ils la ressentent comme profondément injuste, puisque 2% d’entre eux seulement profitent massivement de la baisse des taxes que vous avez octroyée. Ces Français, qui voient l’avenir de leurs enfants encore plus sombre que le leur, marchent désormais vers demain comme on marche vers l’abîme.

Monsieur le Président de la République, vous en êtes là parce que les Français en sont là.

Le peuple crie sa détresse et les casseurs ont envahi Paris. Ne mettez pas vos espoirs dans une trêve des confiseurs dans laquelle la rancœur ne ferait que macérer.

Vous n’avez au fond que deux solutions.

Soit vous continuez à tourner le dos au réel et vous serez bientôt le dos au mur.

Soit vous changez de direction, mais il vous faudra d’abord changer radicalement d’attitude.

Arrêtez de dire que vous allez faire plus de pédagogie ; les Français savent très bien ce qu’est une taxe et ils mesurent très bien l’urgence écologique.

Arrêtez de déguiser vos hausses d’impôts en bénéfices pour la planète ; les Français ne sont pas des benêts.

Arrêtez de mépriser les élus locaux et d’ignorer les corps intermédiaires ; les Français mettent aussi des gilets jaunes parce qu’ils ne voient plus d’écharpes tricolores.

Arrêter de désigner des bouc-émissaires, d’opposer les générations, de distinguer les catégories.

Arrêtez surtout de célébrer le progressisme comme pour mieux dénigrer le présent et tous ceux que le futur inquiète. Les Français ne sont pas passéistes. Ils ne sont réfractaires ni à la modernité, ni à la mobilité. Mais beaucoup veulent d’abord vivre chez eux, du fruit de leur travail et entourés de leurs proches. Garder son mode de vie et préserver son niveau de vie : voilà des aspirations que vous devriez prendre en compte car elles sont dignes de considération et majoritaires dans notre pays.

Changer de direction, c’est s’attaquer aux deux faces de cette crise qui est une crise sociale et une crise démocratique.

D’abord la crise sociale. Vous devez agir vite et fort. N’essayez pas de faire le malin, comme disait Péguy. Assez de grands discours et de petites mesures. Ne tournez pas autour du pot : annulez purement et simplement la hausse des taxes sur le carburant, comme le Sénat l’a déjà fait. Car vous n’éteindrez pas le brasier qui s’est enflammé sans écraser l’étincelle qui l’a allumé.

La reprise du dialogue est à ce prix et la démocratie, c’est le dialogue ; vous devriez désormais vous en persuader. Car en effaçant les clivages politiques, votre nouveau monde a ressuscité les oppositions d’un monde ancien et dangereux : la lutte des classes est de retour.

Mais cela ne suffira pas. Vous avez entrepris de réformer notre modèle social ; les retraites, l’assurance chômage, la santé. Vous avez raison, tant notre système est à bout de souffle.

Mais prenez garde à la dérive anglo-saxonne vers quoi vos projets nous entraînent.

En France, notre modèle social est d’abord un modèle national : il fabrique du commun car il fonde la justice sociale sur la solidarité nationale. Nous sommes un peuple ; nous avons partie liée les uns aux autres. Voilà pourquoi chacun contribue en fonction de ses moyens et reçoit en fonction de ses besoins. Si vous cassez cette logique d’universalité en appauvrissant les retraités, les classes moyennes ou les familles à travers la poursuite de la déconstruction de notre politique familiale, vous fragiliserez durablement l’unité du corps social en installant deux sociétés, celle des contributeurs et celle des bénéficiaires. Réformez notre modèle social mais ne déformez pas la solidarité nationale. L’émancipation ne peut pas être notre seul horizon. Vous devez redonner du sens à la Nation.

Enfin, vous n’apaiserez pas la crise sociale sans vous pencher sur la crise démocratique qui lézarde nos sociétés.

En démocratie, le peuple a deux moyens de s’exprimer pacifiquement ; soit dans la rue, soit dans les urnes. Ces deux voies sont aujourd’hui bouchées.

Dans la rue, car des zadistes à Nantes aux Black Blocks à Paris, les manifestants sont désormais systématiquement pris en otages par des groupes ultra-violents. Cette situation est intolérable, au nom de l’ordre public qui ne peut pas être bafoué, mais aussi au nom de l’expression démocratique qui ne peut pas être empêchée.

Samedi, des milliers de gilets jaunes sont repartis frustrés de n’avoir pu manifester. Je crains que cette frustration ne fasse que redoubler leur colère. C’est pourquoi vous devez casser les casseurs ; ceux-là même à qui vous avez donné raison à Notre Dame des Landes. De même, je vous rappelle que le Sénat vient de voter une loi anti Black Blocks mais que votre Gouvernement l’a refusée. Votre Gouvernement doit revenir sur sa position et accepter la proposition du Sénat. C’est la seule manière de sécuriser à l’avenir nos manifestations.

Dans les urnes, car notre système démocratique est à bout de souffle.

Partout, dans le monde occidental, les insurrections électorales montrent que les citoyens ont le sentiment de n’être plus écoutés, que leurs souffrances ne sont plus entendues. La fracture est désormais béante entre les peuples et leurs élites.

En France, il y a aussi beau temps que nos compatriotes ne se sentent plus compris. D’une immigration qu’ils n’ont pas choisie au traité de Lisbonne qu’ils n’ont pas voulu, ils ont le sentiment que la politique se fait sans eux. Sinon contre eux.

Là aussi bien sûr, vous n’êtes pas seul responsable de cette fracture. Mais une campagne détournée et un débat tronqué donnent le sentiment qu’à la dernière présidentielle, les vrais enjeux non pas été abordés. Les non-dits débouchent toujours sur des malentendus ; vous devriez en tenir compte.

Vous ne parviendrez donc pas à ramener le calme sans ramener la confiance.

C’est pourquoi il est temps d’écrire une nouvelle page de notre pacte démocratique. Aujourd’hui tout va très vite, le monde s’agite : de plus en plus souvent, le contexte de la décision n’est plus le même que le contexte de l’élection. Je vous propose donc que le référendum redevienne un temps de respiration démocratique, comme un trait d’union entre la démocratie représentative et la démocratie directe. Ces référendums devraient porter, régulièrement, sereinement, collectivement, sur les choix majeurs pour l’avenir de notre nation.

Monsieur le Président de la République, jamais la France depuis 30 ans n’avait traversé une crise aussi grave. C’est à vous, et à vous seul qu’il appartient de la résoudre. Clé de voûte de la Constitution et « père de la nation », vous seul avez la légitimité pour renouer avec le peuple qui s’éloigne. Monsieur le Président de la République, soyez à la hauteur de vos promesses en renversant la table. Soyez à la hauteur de votre charge en renversant la donne.

Bruno RETAILLEAU

Source : mail reçu à la rédaction de Blog-Cabestany ce soir et dument authentifié.

La méthode « Macron » : expliquée par un ambulancier. Pour Blog-Cabestany!

3 décembre 2018

« c’est vous qui le dites »

Blog-Cabestany aura reçu encore pas mal de mails tout au long de la semaine. Avant ce fameux samedi sur lequel on ne va pas revenir en boucle.  Avec des invectives contre le Président et son gouvernement. Mais cela ne fait guère avancer les choses. Des « gilets jaunes » s’épuisent de froid sur nos ronds points et ont toute notre sympathie et nos encouragements. Il est facile d’encourager ceux qui sont sur le terrain lorsque nous on reste au chaud et qu’on peste parce que le réservoir de gas-oil est vide. Et certains d’entre nous ont pris les transports en commun pour la première fois de leur vie. Une galère sauf lorsqu’on peut se permettre d’arriver en retard au boulot. On a dit « au boulot » car pour aller au Boulou on attend encore que notre avion soit annoncé.

Par contre, lorsqu’un citoyen explique sa situation et donne des précisions, on comprend déjà mieux certaines colères.

On l’appellera « Bernard ». Il est le patron d’une petite entreprise d’ambulances qui comprend 6 salariés dont son épouse qui devrait rester au bureau pour remplir des formulaires administratifs à n’en plus finir, prendre les rendez vous, s’occuper de la comptabilité car l’administration est la plus mauvaise payeuse qu’on puisse imaginer. Et souvent de mauvaise foi. Comme si un petit fonctionnaire se délectait de vous gruger de 10 euros. Cela en lui fera t’il plus à lui à la fin du mois ?

On reproduit le mail de Bernard, à quelques mots près :

« Bernard » a été salarié presque 20 ans dans une importante entreprise d’ambulances dont il est devenu depuis l’un de ses petits concurrents. Il y avait rencontré sa femme. Maigre salaire, horaires décalés, garde de week end ou de nuit mais il se rattrapait sur les heures supplémentaires.

Et puis il a franchi le pas et s’est installé à son compte. En s’endettant lourdement. Les véhicules coûtent chers et son banquier lui a conseillé d’acheter du diesel. Il a acheté des voitures d’occasion. Avec des normes qui changent tous les six mois. Et les véhicules neufs ? Entre le moment de la commande et celui de la livraison ils ne sont déjà plus aux normes Européennes. Et puis on entretient nos voitures. Pour être fiables. Mais au contrôle technique voilà que le technicien fait des histoires pour un allume-cigares de série qui ne marche pas. Comme si une ambulance était un espace « fumeurs ».

Depuis le 1er octobre ce sont les hôpitaux qui négocient les tarifs et mettent les entreprises en concurrence. Incroyable. Les courses sont toujours payées par l’administration mais l’hôpital demande une ristourne. Une histoire de marchands de tapis. Et n’est ce pas illégal ? Comme lorsque votre supermarché touche en fin d’année une « marge arrière » sur certains produits de la part des fournisseurs. L’hôpital allant aussi jusqu’à expliquer aux ambulanciers qu’il est logique qu’il paye lorsque le véhicule lui apporte un malade mais pas lorsque l’ambulance revient à son point de départ. A vide. Faudrait il qu’au retour l’ambulance transporte des légumes ? Grotesque.

Faut il déposer une mamie chez son kiné et si celui ci a pris du retard expliquer à la pauvre femme qu’elle n’a qu’à rentrer à pied car l’horaire journalier va être dépassé de 5 minutes. Lamentable !

Non seulement les tarifs baissent. Mais EN MEME TEMPS on nous reproche d’avoir des véhicules qui roulent au gas oil. EN MEME TEMPS le prix du carburant s’envole. En MEME TEMPS on nous contingente sur les heures supplémentaires. En MEME TEMPS, il faudrait rouler moins et laisser les malades se débrouiller par eux mêmes. Quant aux gardes de nuit ou de week end, les tarifs n’ont pas été relevés depuis 2004.

Son principal concurrent et ancien employeur qui a plus de 20 salariés, se propose de racheter son entreprise pour un montant dérisoire. Il l’a déjà fait avec plusieurs autres petites entreprises. Mais il ne reprendrait que les véhicules récents et pas les salariés, même si c’est contraire au Code du Travail. Parce que ceux ci étaient payés juste un peu plus que ce qui se fait ailleurs. Des personnes en qui j’ai confiance, explique Bernard, pour faire attention au matériel, mais surtout être aimables et attentionnés avec ceux qu’on considère comme des clients. On doit prendre soin des malades et les considérer autrement que si on transportait du bétail. Une démarche « maison ». Mais cela ne rentre pas dans les critères de l’administration. Avec un camion benne ça irait plus vite ! Et ça couterait moins cher !

Tout cela c’est la méthode « Macron ». Qui s’en prend aux petits artisans. A ceux qui pourraient créer des emplois. Innover. Le chômage ne baisse pas et on « rabote » partout. Sur les retraités, sur les classes moyennes, voire les pauvres. Sur les « petits ». Drôle de méthode !

Pour « Macron », son mépris des petites gens est « sans limites ». Son système avec les petites entreprises : faire baisser leurs rentrées financière, leur faire gagner « moins » et les taxer « plus ».

Bernard porte un « gilet jaune » mais ne pourrait pas aller bloquer les ronds points avec son ambulance s’il ne veut pas tomber en faillite. Ses salariés ne font plus que 35 heures par semaine et certains ont du prendre un autre travail !? J’ai du me séparer d’un conducteur qui travaillait le jour et était veilleur de nuit dans un hôtel la nuit. Et ce après plusieurs accidents. Enfin c’est plutôt lui qui est parti explique t’il car entre le choix pour son travail d’ambulancier et celui de gardien, il a choisi le moins pénible. Bernard travaille 15 heures par jour, parfois sans prendre de jour de repos, et son épouse a repris une ambulance. Ils font les comptes,…. la nuit.

Ce matraquage fiscal, dit « Bernard », c’est, nous explique t’on, pour qu’on utilise moins sa voiture, ou qu’on fasse du « co-voiturage ». Pour un ambulancier il faut m’expliquer comment faire ? Mais de plus en plus de malades se voient aussi refuser la prise en charge de leur déplacement médical par l’administration. Et vont arrêter de se soigner car ils ne vont y aller en patinette ! . Et puis son comptable a expliqué à Bernard que la solution pourrait être que ses salariés démissionnent et retravaillent pour lui mais en tant qu »’auto-entrepreneurs », payant eux mêmes, ou pas, leurs cotisations ! Lui n’aurait plus de charges sociales à payer. Travaillant dans le secteur du social quelle drôle d’idée.

Bientôt on verra un urgentiste à l’hôpital, être auto entrepreneur immatriculé en Irlande, ou un pompier polonais (pas un plombier) qui fournit son propre tuyau d’incendie. S’il est compatible avec les tuyaux français ! Ce pouvoir marche sur la tête !!!

La colère gronde chez les Français, les revendications sont multiples et parfois contradictoires, mais ce pouvoir fait tout pour écraser les citoyens, conclut Bernard.

La rédaction : Blog-Cabestany est ouvert à ce genre d’interventions. Nous envoyer des injures contre le pouvoir n’avance à rien. Mais nous expliquer votre colère est sans doute plus productif. Alors, merci Bernard.