Gersende, politologue, nous parle des Élections Européennes de 2019 !

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« ils publient nos articles, nous publions les leurs »

La lettre d’information de Gersende

La totalité du Parlement Européen sera renouvelé en mars 2019. Actuellement 751 députés sortants.

Il y aura 70 députés en moins, les britanniques, à cause du Brexit, et on va créer, alors que ce n’était pas prévu, une trentaine de nouveaux sièges pour tenir compte des évolutions démographiques et d’un réajustement au demeurant fort peu transparent et totalement incompréhensible. La nouvelle assemblée sera pour être exact de 705 représentants, élus au suffrage universel dans l’ensemble des pays formant la Communauté Européenne. Le nombre de sièges continuera à être attribué à chaque pays en tenant compte du nombre de ses habitants. Il y aura 96 sièges pour l’Allemagne, environ 80 pour la France et autant pour l’Italie, et une prime aux petits pays qui ne sont censés avoir que 2 ou 3 députés mais en auront 6 comme par exemple Malte. Cela pour faire entendre leur voix.

Dans les semaines à venir, la plupart des partis européens vont chacun de leur côté tenir leur congrès pour redéfinir leur position et élaborer une stratégie en fonction du nouveau nombre de députés et d’une répartition politique qui devrait changer. Car tous s’accordent à s’inquiéter des probables bouleversements : à cause du départ des députés britanniques et de l’affaiblissement des principaux partis nationaux, comme en France, en Allemagne, ou d’une nouvelle donne comme en Italie.

En France, la participation à ces élections en 1994 était de presque 60%. Descendue en 2014 à 42%. En 2019 c’est l’inconnu car pour le moment de plus en plus de citoyens disent qu’il est inutile de se déplacer pour une Europe dans laquelle ils ne se reconnaissent pas et n’ont plus confiance. Quand d’autres ont décidé, pour la premier fois, de se déplacer. Pour montrer leur hostilité à cette Europe ou…. sanctionner le Président Macron. Mais ce n’est pas le moment de se démobiliser et de dire après « si on avait su ! ».

Aujourd’hui, deux grandes formations politiques dominent le parlement européen  : la Droite modérée qu’on appelle aussi « les conservateurs » et la Gauche modérée qu’on nomme les « sociaux-démocrates », même si ces partis ont des sigles. Respectivement : PPE et PSE. Deux grands partis fourre-tout qui à eux deux ont la majorité absolue. Où l’on retrouve parfois à droite des députés qui sont à gauche dans leur pays. Ou le contraire. Un bloc cohérent dominé hier par le trio : Allemagne, Angleterre, France. Car si l’Angleterre faisait entendre une voix discordante, elle était la première à voter dans le sens des deux autres. Le Brexit ayant été imaginé par des politicards anglais, Européens convaincus, mais ayant une telle soif de pouvoir à Londres qu’ils en sont arrivés à trahir leurs propres idéaux pour satisfaire leur envie de gouverner. En trompant leur population pour leurs sales petites ambitions. Une nouvelle façon de gouverner les peuples ?  Et à Bruxelles on obéissait aux directives des lobbies et aux injonctions gutturales de la chancelière Merkel. Car ces deux grands mouvements qui se combattaient parfois pour la galerie, finissaient par se mettre d’accord sans trop de problèmes. Laissant les autres partis faire de la figuration ou se joindre à eux pour ne pas se marginaliser.

Demain qu’en sera t’il si ces deux grandes formations se trouvent affaiblies, n’ont pas ensemble la majorité absolue et doivent trouver des alliances d’opportunité, au coup par coup. Ou si elles s’opposent pour la première fois en 30 ans. Surtout si le nouveau parlement est composé d’un émiettage de petites formations comme certains le pressentent. Et soyons attentifs, car beaucoup veulent détruire l’Europe. Moins par idéal que pour des raisons politiciennes dans leur propre pays !

En France, selon les derniers sondages datant des mois d’aout et septembre 2018, le parti du Président de la République est largement en tête. Entre 25% et 33% des intentions de vote. Il ramasserait entre 20 et 25 sièges. L’actuel dirigeant du parti « Les Républicains » a eu le tort à un moment donné de montrer son scepticisme pour l’Europe et il a du mal à rétropédaler et convaincre qu’il a fait machine arrière. Même s’il dit à juste titre sans réussir à trouver la bonne formule pour que l’on adhère à ses propos, ce que beaucoup pensent tout bas : à savoir que l’Europe est certes imparfaite mais qu’il vaudrait mieux l’améliorer plutôt que de la fracasser. Une partie de l’électorat de base de ces Républicains pourrait donc préférer voter pour une liste Macron aux Européennes. En trainant les pieds. Comme ils l’ont fait aux Présidentielles. Par défaut. Par stratégie contre les démolisseurs d’Europe.   Car le Président Macron, hypocritement mais cela parait être dans sa nature, surjoue sur les peurs. Il parle de fascisme. Il brandit la menace que le ciel pourrait nous tomber sur la tête. Ce Président, pour de bien mauvaises raisons, ne se livre à rien d’autre qu’une ringarde politique politicienne. Comme cela se pratiquait dans l' »ancien monde ».  Sa duplicité se révèle un peu plus chaque jour et il reste 4 mois avant les élections Européennes. On peut donc aussi imaginer que les français pourraient lui faire payer une fiscalité galopante et le mépris qu’il affiche pour les citoyens qui n’appartiennent pas aux couches supérieures. Il est chaque jour un peu plus le Président des riches, des intellectuels, de ceux qui ont réussi. Et de moins en moins celui des retraités, des étudiants, des ouvriers et des laissés pour compte. Quant aux chômeurs qui ne voient pas l’emploi revenir, on les taxe au travers de l’essence s’ils essayent d’aller chercher du boulot. Mais cela arrangerait tout le monde s’ils restaient sagement à la maison à attendre leurs allocs !

Et puis, on prête de plus en plus au Président Macron, à tort ou à raison, la volonté de ne pas se rallier à l’un ou l’autre des deux grands partis européens. Il pourrait essayer de créer une troisième formation en affaiblissant les deux autres. Pour peut être prendre le leadership de l’Europe ? Un jeu dangereux, qui a bien fonctionné en France, mais qui pourrait avoir des conséquences qu’on a du mal à anticiper pour l’Europe. Et sans doute prend t’il ses rêves pour des réalités.

Et puis il y a cette comédie qu’il nous joue en parlant d’opposer le « progressisme » au « nationalisme ». Deux mots qui n’ont pas la même signification pour les uns ou pour les autres. Ou qui ne veulent rien dire pour d’autres. Il se dit qu’il pourrait abandonner cet angle d’attaque qui risque de l’envoyer dans le mur.  Car entre « nationalisme » et « patriotisme » il faut au moins un philosophe pour nous expliquer la différence. Et le « progressisme » c’est quoi ? Un mot creux utilisé par ceux qui n’ont plus d’idées, et qui ont du mal à se sortir de l’immobilisme et voir que le monde a changé autour d’eux. Mais quand ils écrasent une mouche : c’est du « progressisme » !

Aujourd’hui, les députés du Front National sont quand même au nombre de 24, première force nationale à Bruxelles. Mais ils n’ont guère d’alliés. Et ne pèsent rien dans la balance. Demain ? Tous les partis traditionnels en France pourraient bien être laminés encore une fois par l’absence de leaders forts et crédibles dans l’opposition. Seule, Ségolène Royal si elle se présentait ferait un score honorable !? Mais à Bruxelles, être en nombre ne suffit pas. Seule l’union fait la force. Quitte à avoir des alliances improbables. Et on n’aura jamais connu cette situation ubuesque où, quatre mois avant d’aller voter, on ne connait pas encore les candidats et leurs têtes de liste. Quand, jadis, à cette époque, la campagne faisait rage et envahissait nos écrans du matin au soir. On en était saturé jusqu’au dégout. Là on a l’impression qu’on évite de nous en parler.

On peut donc craindre que dans la nouvelles assemblée à Bruxelles (ou à Strasbourg avec ces transports qui nous coutent un « pognon de dingue ») les alliances se fassent et se défassent au jour le jour sans ligne directrice cohérente. Pour la plus grande joie des lobbies ! Et une plus grande défiance encore des citoyens pour un parlement européen qui pourrait être ingérable. Mais le Président Macron n’a pas de vision d’avenir pour l’Europe. Il espère simplement tirer pour lui même les marrons du feu avec l’affaiblissement de la chancelière allemande. Et comment aurait il une vision pour l’Europe alors qu’il n’en a aucune pour la France ?

Et puis ces élections seront aussi un vote «  pour  » ou «  contre  » l’immigration. Et les mauvais arguments du Président qui agite la peur des années 30 pourraient bien se retourner contre lui. Alors que chaque jour ce sont des dizaines de migrants venant de pays en paix, qui passent nos frontières, dans les Alpes, dans les Pyrénées,  sans se faire remarquer. Ils ne se font pas connaitre ayant sans doute été déjà débouté du droit d’asile en Italie, en Espagne ou ailleurs. Ils cherchent plutôt à devenir invisibles.  Ils ne demandent rien, et s’entassent dans ces zones où la République n’ose plus entrer. Ils alimenteront les trafics, le travail au noir, et créeront des enclaves hors de tout contrôle. Et nos dirigeants, de façon sournoise, font semblant de regarder ailleurs.

La grande force des nouveaux députés en provenance de pays Européens hostiles à l’immigration sera sans doute de se fondre dans les partis européens modérés où ils pourront influencer les autres, plutôt que de chercher à former des groupes séparés qui seraient vite marginalisés. Et les grands partis Européens qui perdent l’appui des députés britanniques auraient tort de les repousser s’ils veulent continuer à exister.

Quant à savoir ce que seront les programmes électoraux des partis français qui peinent à trouver des têtes de listes, ce serait bien la première fois si on parlait du sujet qui nous préoccupe pour ces élections  : l’Europe.

Mais on s’éloigne encore un peu plus d’une harmonisation de la défense, d’une même politique extérieure, d’une vision économique planifiée, d’une fiscalité commune à tous les pays. La politique commune agricole a déjà explosée. La concurrence sur les produits que nous mangeons est plus intense entre pays de l’Europe qu’avec les autres pays. Et le glyphosate est roi. Et nos produits industriels sont souvent davantage en compétition avec les allemands qu’avec les chinois qui sont sur une autre gamme de qualité.  Il faut aussi s’attendre à une Europe qui ressemble à la Tour de Babel. Déjà que les nouveaux pays qui ont intégré l’Europe ne veulent se faire entendre que dans leur langue maternelle et mettent en avant leur culture traditionnelle. Jusqu’aux Catalans, Irlandais ou autres qui revendiquent qu’on traduise les textes de la Commission Européenne dans leur langue. A quand les décisions réécrites en Breton, Ch’tis ou Occitan ? Une Europe à 27 pays ou 500 régions ? Où l’on parlerait 50 langues et 80 dialectes. Une élucubration qui est pourtant le rêve de certains à Bruxelles.

Les verts, d’un peu tous les pays devraient voir leur poids augmenter. En s’alliant. Ils représenteraient une force importante. Ce seront peut être eux, la troisième voie. Ou les arbitres qui feront pencher la balance dans un sens ou dans l’autre. Sauf qu’on n’arrive pas à déterminer si ces verts obéissent à des idées écolo ou à une doctrine qui se rapproche plutôt de la gauche de la gauche, se foutant pas mal des problèmes d’environnement.

Pour beaucoup, l’Europe d’hier a vécu et c’est dommage et inquiétant, même si elle était loin d’être parfaite. 

Reste à préserver si on le peut encore ce qu’elle nous a apporté jusqu’alors : la PAIX.

Gersende, à Paris le 9 novembre 2018

(article écrit sur commande, pour le Cercle Gaulliste de réflexion politique et sociale, et destiné à être inséré dans la lettre à leurs adhérents)

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Tags : Cercle Gaulliste de réflexion politique et sociale, Élections Européennes, Brexit, PSE, PPE, Bruxelles, Immigration, IFOP, Sciences-Po, Politique, populisme, Blog-Ardennes, Les Anciens de Sciences-Po, Place Vauban, Côte d’Émeraude, Le Vezinet, Salamanca Place, « quand ils écrasent une mouche : c’est du progressisme », 

 

 

 

 

Une Réponse to “Gersende, politologue, nous parle des Élections Européennes de 2019 !”

  1. fremondiere,michel Says:

    vous savez très bien ,que dés le départ cette Europe était mal partis ,nous avons mis le charrue avant les bœufs ,il fallait harmoniser les impôts -taxes-tva-charges social ,Rien a été fais ,la concurrence entre pays Européens est terrible et je ne vous parle pas de l’armée ou certains pays achète au USA du matériel militaire alors que certains pays Européens en fabrique dont la FRANCE ,qui va sortir vainqueur chez nous ,en premier Mme LEPEN ,puis Macron et enfin nous avec Wauquiez ,Souvenez vous de ce que j » écris,, ,,triste cela ,mais VRAIS

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