Il y a un an notre ami, notre frère Patrick Sperring disparaissait !

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Depuis un an, il ne se passe pas un seul jour, un seul instant,  sans que par réflexe on pose la main sur notre téléphone portable pour vouloir lui envoyer un message, ou pour espérer  lire les siens. On ne se fait pas à sa disparition. Il est toujours là, présent,  avec nous.

  On voudrait lui demander un avis. Ou uniquement parler avec lui. Parce que souvent, sans véritables raisons,  on en avait l’envie et on avait l’impression que lui aussi aimait ces petits moments où il dévoilait sa vraie nature. On savait à l’avance qu’il allait nous écouter. Et nous répondre.  Parce que dans une famille il y a toujours un père, un frère, un cousin dont on se rapproche en toute confiance pour avoir un conseil, pour y voir plus clair dans n’importe laquelle des situations. Quelqu’un qui vous apaise, vous rassure. Quelqu’un qui semble indestructible, et dont vous vous dites qu’il y a au moins une personne dans votre entourage à laquelle on peut se fier et sur laquelle on peut compter.

Oui,  Patrick faisait partie de notre famille de coeur. Et lorsqu’on y pense, on parlait bien moins de politique que d’autres choses. Car il était sans doute le moins « politique » de nous tous. Refusant de se rallier à des idées qui n’auraient pas été les siennes même si elles étaient portées par un parti dont il lui arrivait de se réclamer.

Et si on organisait une réunion de travail, il n’était pas question de s’écarter du sujet, et cela prenait très rapidement un tour professionnel. Il avait le caractère bien trempé, savait ce qu’il voulait, refusait les compromis. Et il pouvait s’enflammer, voire se fâcher.

Car pour lui, un euro dépensé à tort par la Mairie, gaspillé, mal utilisé était un euro « volé » au citoyen. Il pouvait enrager à la vue d’un gaspillage, d’une gabegie. Et c’est peut être la seule motivation qui l’avait fait rejoindre notre équipe bien plus qu’une quelconque idéologie. Il était plus qu’intransigeant et sa formule préférée était « the right man at the right place ». Il ne concevait pas que des gens qui n’ont pas les compétences requises se mêlent de Finances Publiques, d’Urbanisme, de Culture. Il lui arrivait de dire que le suffrage universel permet à n’importe quel beau parleur, n’importe quel enfumeur  de se faire élire, de s’octroyer des responsabilités publiques et faire n’importe quoi. Et il dénonçait avec force cet usage de la communication, chez les politiques,  pour faire avaler n’importe quoi à des électeurs ébahis de sottise. Ce n’était pas sa conception de la démocratie.

On l’appelait pour l’informer de ce qu’on avait vu dans les journaux, sur un site internet. Pour lui parler d’une loi en préparation, d’un décret. Avec le plaisir de se dire qu’on allait lui apprendre quelque chose. Mauvaise pioche. Comment faisait il pour tout savoir avant nous, en savoir plus que nous. Ça pouvait en énerver plus d’un. Nous on s’y était habitués. Et en plus il n’en tirait aucune satisfaction. Aucune supériorité. Il vivait comme cela et se nourrissait d’être toujours au plus haut niveau, de comprendre mieux et avant nous. On n’y faisait même plus attention et c’est comme cela que nous nous l’aimions. Mais quand d’autres avaient envie de se mesurer avec lui, ils se retrouvaient vite remis en place par son humour Gallois, sa facilité à répondre. Toujours spirituel, jamais méchant, mais il pouvait être corrosif. Et exécrait ceux qui, sans culture, sans compétences, sans réelles capacités, essayent de « faire l’intelligent ».

Il était notre ami, quasiment notre frère, mais il avait aussi une famille.  On a une pensée pour eux. Les siens sont bien plus à plaindre que nous de son absence.

Un an déjà. Et plus rien ne sera, ne pourra être comme avant.

La mort est la terrible surprise que l’inconcevable réserve au concevable !

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