Gersende, pour sa rentrée 100% politique, nous parle du Logement. « Le Logement dans notre pays c’est n’importe quoi et on va dans le mur ! », dit elle.

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« Gersende »

La tribune de rentrée de Gersende

Savez vous qu’il y a aujourd’hui, 2,5 millions de logements vides en France. D’aucuns annoncent un chiffre encore plus important. Un chiffre impensable auquel vous ne croyez peut être pas. Et on devrait atteindre la barre des 3 millions ou pire à la fin de ce quinquennat en 2022 ! Car on va reprendre la construction à un rythme intensif. De façon raisonnée ? Bien au contraire lorsqu’on constate les tâtonnements du gouvernement qui n’a pas vraiment de projet sinon se donner quelques années pour découvrir ce que tout le monde sait déjà, sauf lui !  En Marche, mais en marche arrière !

Une petite moitié de ces 3 millions de logements vides auront été bâtis dans les 25 dernières années. On ne peut quand même pas parler de logements « hors d’age » dans un domaine où la notion de  » neuf  » et d’ « ancien » est controversée. Au bout de cinq années après sa construction, pour des raisons fiscales et plus particulièrement de TVA, un logement est considéré comme appartenant à l’ancien. Amalgamé avec celui qui a 100 ans d’âge. Mais 90% de tous ces logements ont le confort minimum qu’on est en droit d’exiger de nos jours  pour se loger décemment.  Ce qui n’empêche pas qu’on continue de voir aujourd’hui des gens vivre dans des taudis insalubre où sont pratiqués des loyers exagérés. Cherchez l’erreur.

Un million : le nombre de biens vides à louer ou à vendre dans les annonces entre particuliers ou dans la vitrine des agences immobilières.  Fluctuant selon les saisons mais relativement stable sur une période moyenne. Rien d’anormal donc. Mais les agences ou mandataires ont vu leur nombre augmenter inconsidérément. Et les faillites avec. On pourrait croire que la concurrence fait baisser le coût des commissions d’agences, le plus élevé en Europe ou presque. C’est tout le contraire car chacun a désormais du mal à vivre de ce métier qui était autrefois rémunérateur avant que tout le monde ne se décrète marchand de biens ou intermédiaire. Formation, qualification ou pas. C’est l’anarchie. Le client en fait les frais malgré lui. Un client qui a tout intérêt à choisir avec beaucoup de soin son agence, à confier son bien en exclusivité à cette agence et négocier les frais. Mais trop de clients vendeurs s’imaginent – car il sont complètement perdus – qu’il vaut mieux  confier son bien à au maximum d’agences de son secteur. Qui chercheront à vendre en premier les biens qu’elles détiennent « en exclusivité », avant de s’occuper des autres.

Chaque jour, ce sont des milliers de biens qui arrivent sur le marché. Des milliers qui trouvent preneurs en location, vente, ou location-vente au bout d’un jour, une semaine, un mois, une année…. ou plus. Car, comme pour chaque produit de consommation, l’offre peut ne pas correspondre à la demande. Dans ce quartier, on trouve des studios alors qu’on cherche un grand appartement pour une famille. Ailleurs, on ne vous propose que des 5 pièces alors que vous êtes célibataire. Et vous constatez dans le quartier où vous trouvez le bien de vos rêves qu’il y a un manque de transports, ou d’écoles à proximité. Un loyer trop cher. Des travaux. A tout cela les français seront ou ont été confrontés un jour. Mais notez que ces problèmes d’offre inadéquate ne concernent qu’un tiers des logements vides ou juste un peu plus. Mais alors les deux autres tiers de ces logements éternellement vides ?

Il y a ces logements vides que les propriétaires ne veulent pas louer pour des raisons diverses et ne veulent pas vendre pour éviter – disent ils –  de faire baisser les prix. Un très mauvais calcul. Le prix des logements depuis 50 ans a toujours été inversement proportionnel au niveau des taux d’emprunts. Plus les taux d’intérêt grimpaient et plus les prix des logements baissaient. Au point de voir dans les années 70 des logements neufs se revendre 5 ans après leur construction avec une moins value de 30% à cause de l’envolée du coût du crédit. On a connu par le passé des taux d’intérêt jusqu’à 14%. Les intérêts se révélant supérieurs au capital à rembourser. Mais ceux qui ont acheté à l’époque ont parfois revendus avec une forte plus value 20 ans après. Si demain les taux d’intérêt remontent, les propriétaires qui ont un logement vide vont pleurer.

Mais on ne peut faire l’impasse sur tous ces logements vides qui sont le fait de maires clientélistes et de promoteurs affairistes. Adeptes de la défiscalisation. Savez vous qu’il y a une quinzaine d’années, à Perpignan, un promoteur disparu corps et biens depuis, avait envisagé une tour de 42 étages. Pour commencer. Bien des élus à l’époque voyaient le projet d’un œil favorable. Et ne parlons pas du Centre del Mon. Cela reflète bien le phénomène actuel qui veut qu’on privilégie les grandes villes, les « métropoles » au détriment des campagnes. Des mégalopoles où l’on va bientôt tous s’entasser les uns sur les autres. Parce qu’on y trouve encore un hôpital, des médecins, quelques services publics, et que le train s’y arrête encore lorsque nos campagnes sont désertées. Une aberration. Des villes de 50 000 habitants en zone rurale sont considérées aujourd’hui quasiment comme des villages.

Il était un temps, jusqu’aux années 2000 où les bailleurs étaient des compagnies d’assurance, des banques, qui investissaient pour se constituer un patrimoine de sécurité. Mais il leur fallait récupérer les loyers, entretenir les immeubles, rénover. Par facilité, elles préfèrent aujourd’hui spéculer sur le marché des actions, et prêter à la Grèce. Cela rapporte plus à court terme. Et après tout, si elles ont un problème, si elles ne sont jamais remboursées, ce n’est pas leur argent dont il s’agit mais du nôtre. C’est nous qui seront ruinés. L’État s’en contrefout et donne  même le droit aux banques de piquer dans nos comptes si elles ont de gros problèmes. Hier, ces bailleurs dit « institutionnels » n’investissaient qu’avec discernement. Aujourd’hui, on prête à des promoteurs qui n’ont pas le même objectif sinon faire de l’argent facilement et rapidement.

Alors on a construit, avec la complicité de ces ministres (Pinel, Duflot et autres), pas toujours de mauvaise foi mais incompétents et dogmatiques, des logements défiscalisés là ou l’on en avait pas besoin : Béziers, Blois, Le Havre, et liste est longue. Au Havre, la ville de notre premier ministre, 10% des logements sont vides, comme à Vichy. Pas toujours la faute du maire actuel mais souvent aussi de ses prédécesseurs. Et on a ruiné plein de petits épargnants aveuglés par la recherche d’une plus value ou d’un appoint pour leur retraite. Des petits épargnants qui continuent à rembourser, s’ils le peuvent, des logements où personne n’a jamais habité et qui se dégradent au point qu’ils ne valent parfois plus rien. Mais Macron, pas convaincu, a prorogé le système pour quatre ans…. !   Pour se faire une idée. Pour voir. Voilà comment est gérée la France.

Hollande disait que son ennemi était la finance. On a inventé, sorti de nulle part et sans réflexion, un système inapplicable de logement social avec des quotas mais où l’État ne s’implique pas lui-même. Une imbécillité que cette loi ALUR de 2014, le devoir d’un cancre qui ne connaissait pas son sujet. Une idiotie Hollande-Duflot, complètement pervertie au niveau des décrets d’application au point que Manuel Valls en arrivant à Matignon voulait la laisser dans les tiroirs. Et qui demandant à Hollande un arbitrage, s’était vu répondre par ce dernier qu’il avait laissé les mains libres à sa ministre sans lui même rien y comprendre ! Pas non plus donc le problème du gouvernement Macron semble t’il. Qui va préférer s’en prendre au régime des APL. Qui a le mérite d’exister. Qui partait d’un bon sentiment. Mais aujourd’hui complètement, injuste, inégalitaire. Car des petits malins ont compris comment en tirer le meilleur profit. On va prendre le problème à bras le corps, mais à l’envers.

Et dans la périphérie de ces métropoles on continue de construire. Comme à Cabestany. Pour qui ? Pour quoi ? Pour que votre ville de Cabestany soit toujours communiste en 2050. Sans doute. Au moins les choses sont claires. En sélectionnant comme il faut les futurs habitants ?  Clientélisme ou discrimination dites vous ? Telle est la question que le citoyen se pose. Souvent les réponses sont contenues dans vos questions.

Savez vous que 70% des nouveaux habitants dans le département des PO viennent d’un autre département. Il y a des statistiques accessibles à tous. Il y a d’abord les retraités. Car le foncier est moins cher qu’à Nice. Ce n’est qu’un fois installés  que ces retraités découvrent que les services publics dans les PO sont gérés n’importe comment par un Conseil Départemental déplorable. Mais la plupart des plus jeunes qu’on qualifie d’actifs et qui viennent dans les PO où il n’y a pas de travail, connaissent la situation et savent qu’ils n’ont aucun espoir d’y trouver une activité. Bizarre. N’ayant comme espoir ou comme ambition que le RSA, ils préfèrent venir vivre de l’assistanat dans les PO plutôt qu’à Calais ou Dunkerque. Et c’est le département qui finance ce RSA, ne sait pas comment s’en sortir mais ne veut pas que l’état s’en même. Qui paye d’ailleurs au final :   nous !

Et on bétonne. Et on B-Tonne. Et on détruit les terres cultivables où indispensables à la préservation de notre environnement. Et en plus on s’en gargarise lorsqu’on est un élu. LAMENTABLE !

Va t’on continuer à faire sortir de terre des quartiers comme les Portes de la Mer où certains nous écrivent pour dire s’y sentir mal. « c’est vous qui le dites ». Nous…. on ne dit rien. Alors inutile de chercher à polémiquer avec nous.  Un ch’ti écrit qu’on aurait choisi le nom de « Portes de la Mer » parce que justement on n’y voit pas la mer. Occasionnellement on y verrait la déchetterie, dit il. Sur un terrain où un éminent spécialiste de l’environnement estime que personne ne sait vraiment ce qu’il pourrait s’y passer en cas de très fortes précipitations. Supposition gratuite : puisque le réchauffement climatique ça n’existe pas ! Va t’on bétonner maintenant du côté de la Germanor, ce qui serait d’une incohérence coupable ?

Jusqu’où cette politique du logement, en France, ira t’elle  – quitte à me répéter – entre certains maires clientélistes et certains promoteurs affairistes ? Sans vouloir tout généraliser. Mais la réalité est proche de la caricature.

On va dans le mur, mes amis !

Gersende

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« La grande sottise d’une idéologie est le meilleur des garants pour avoir de nombreux adeptes. Quand la sottise fait place à l’aveuglement, on n’est plus guère éloigné de voir cette idéologie accoucher d’un mouvement politique »

(extrait de « Penseurs et Philosophes de notre temps » 1934)

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