L’analyse des élections Présidentielles réalisée par notre politologue préférée, pour Blog-Cabestany

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TOUT CHANGE, ET RIEN NE CHANGE, écrit Gersende.

Les Français, en période électorale aiment qu’on leur dise que tout ira mieux demain. Qu’on leur parle de réformes. Le mot magique étant la « rupture » dont personne ne sait ce que cela veut vraiment dire. Ces mêmes Français étant les plus conservateurs de tous les peuples en Europe.

Dimanche dernier, dans les Pyrénées Orientales, les électeurs potentiels se seront divisés en TROIS groupes d’égale importance, à quelques milliers de voix près. Le groupe des Abstentionnistes renforcé par ceux qui ont voté blanc ou nul, le groupe qui a voté pour le Front National, et le groupe qui a voté pour le Président Macron. Mais vouloir en tirer des leçons ne servirait à rien, car à circonstances exceptionnelles, statistiques exceptionnelles. Et aucun règle n’en découle vraiment quand chacun a son idée sur la question. Tellement ce scrutin restera atypique et hors norme.

Le travail des politologues aura consisté ces tous derniers jours à comprendre dans quel état d’esprit sont les électeurs qui votent à l’habitude pour un parti bien défini, le F.N, le P.S., l’ex UMP, ou le Front de Gauche. Et qui n’ont peut être pas mis dans l’urne un bulletin correspondant à leur sensibilité habituelle.

Ce n’est pas en regardant les seuls résultats des Présidentielles et sur un département de façon isolée, qu’il s’agisse des P.O, du Finistère ou du Pas de Calais qu’on peut extrapoler. Mais, si on compare tous les départements entre eux (à l’exception de la Guyane et de Mayotte) et que l’on prend en compte les résultats des scrutins municipaux, régionaux, les européennes ou les cantonales et autres élections intermédiaires depuis cinq ans, on arrive – grâce à un petit outil informatique – à établir des règles qui s’avèrent fonctionner PARTOUT et de façon quasi PARFAITE !

Ainsi sait on que dans le parti « Les Républicains », si on analyse le comportement des militants ou sympathisants un peu sonnés ces jours ci,  que la base de ce parti n’a en rien explosé après avoir traversé la tempête des Primaires et des Présidentielles. Même si certains ont fait quelques infidélités en sanctionnant le candidat Fillon ou en votant pour le FN au deuxième tour, ce peuple de Droite est quasiment intact. On parle bien de la base qui est toujours stable et forte. Car reste à savoir si ce ne sont pas ses dirigeants, par des initiatives malheureuses, qui risquent maintenant de le faire se disloquer ce qui serait un comble.

On sait tout autant que le Front National n’a en rien  progressé et n’a pas gagné depuis trois ans de sympathisants nouveaux qui lui resteront fidèles. Il stagne, et ce ne sont pas les Présidentielles contrairement aux apparences qui l’aideront à repartir. Une partie de sa base est constituée des « frustrés », des laissés pour compte, oubliés sur le bord du chemin pour des motifs les plus divers par la Droite et La Gauche qui ont une lourde responsabilité dans la montée de ce parti. Mais ces mêmes électeurs sont  inquiets d’une éventuelle sortie de l’Europe et commencent à douter des solutions miracles. Le FN  est davantage en recherche de consolidation que de conquête. Il n’a eu que des renforts ponctuels d’électeurs occasionnels pour ces Présidentielles. Et il pourrait même légèrement reculer pour les législatives en nombre de voix global. Glanant toutefois quelques sièges à l’assemblée ici ou là par la confrontation avec des adversaires divisés ou diminués, plus que par une dynamique qui lui serait propre. Et des contestations ou rivalités vont naître en son sein.

La grande inconnue resterait le Parti Socialiste, s’imagine t’on. Plutôt à tort. Dont les militants se comportent finalement comme ceux des autres partis. Tout indique qu’au niveau de ses militants, le Parti Socialiste n’a pas non plus explosé. Certes ceux qui étaient déjà les sympathisants des frondeurs ont choisi le candidat Hamon. Mais le P.S. reste grosso modo le même que ce qu’il était lorsque Manuel Valls est devenu Premier Ministre. Les militants ont voté par opportunité pour le candidat Macron car ni Hollande ni Valls n’étaient sur la ligne de départ à cause de Primaires dénaturées. Ils n’ont pas vraiment adhéré à un nouveau projet Macron, d’ailleurs quasi inexistant. Un projet où le nouveau Président n’utilise JAMAIS le mot réforme, mais parle de transformations… à  l’échéance de 2022 ! Pour ce qui est des impôts, nous sommes par contre plus inquiets. Si le Président Macron s’était décidé à se couler plus ou moins dans le costume de leader du PS, même avec un nouveau nom de parti, et de leader comme Jospin d’une gauche plurielle, les législatives lui étaient acquises. Valls l’aurait rejoint tôt ou tard, ce qui était pour moi plus que prévisible.

Le Président Macron a fait une campagne marketing parfaite, et s’est vendu comme un paquet de lessive ou un objet connecté. Mais s’il persiste à s’arcbouter sur sa position d’un leader qui ne serait « ni de Droite et de gauche », ce qui lui a merveilleusement réussi à se faire élire Président, il pourrait n’avoir qu’une faible majorité ou pas du tout. Les législatives ne sont pas les Présidentielles.

Contrairement aux apparences, le changement vient moins de la base des partis que de leurs dirigeants, et ce dans tous les camps. Des dirigeants qui passent leur temps à échafauder des plans, des combines quand l’électeur lambda reste le même et veut juste du travail, moins d’impôts. Et du sport ou The Voice à la télé.

En France, c’est le changement dans la continuité. Tout change et rien ne change. Les Français sont trop  attachés à leurs acquis et leurs habitudes. Râleurs par habitude plus que sur le fond. Prêts à défendre leur patrimoine, même le plus modeste, leurs retraites, leur sécu, leurs jours de RTT. Et pourquoi pas ?

Pour les partis traditionnels le péril vient bien plus de leurs dirigeants que de leurs militants.

Si nos politiques ne l’ont pas compris et s’imaginent par opportunisme qu’il est nécessaire de chambouler la vie quotidienne du citoyen, c’est là qu’on pourrait assister à une révolution. D’abord à l’assemblée… ensuite dans la rue !

Et bientôt, on entendra ici ou là que c’était mieux au temps du  Président Hollande !

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