Le point de vue de Maxime Tandonnet ! sur celui que d’autres médias n’appellent plus que par le sobriquet de « MacrHollande* » et son mouvement « j’ai marché dedans » !

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L’anéantissement de la politique française

Ici, j’entends la politique au sens noble du terme, celui de « gouvernement de la cité ». Qu’en reste-t-il en ce moment? Emmanuel Macron est devenu le favori de l’élection présidentielle de mai 2017. D’aucuns voient dans son succès le fruit d’une manœuvre souterraine, orchestrée de longue date dans les coulisses de l’Elysée pour prolonger le mandat de M. Hollande. Je ne partage pas ce point de vue. L’ascension de M. Macron est selon moi bien au contraire le fruit du chaos absolu dans lequel a sombré la vie politique française depuis des années. La succession des affaires (DSK, Cahuzac, etc) les scandales à répétition, les mensonges et les échecs, le carriérisme exacerbé au détriment de l’intérêt général, les massacres terroristes commis sur le sol français,  ont provoqué une crise de confiance, un climat d’aversion envers la vie publique. Dans une atmosphère de désespérance et de démence collective, les digues du bons sens ont cédé. Les Français se raccrochent à une image, une illusion, celle de la jeunesse, du renouveau, le mythe de l’homme « neuf ». Certes, le monde médiatique a porté à bout de bras la montée de M. Macron. Mais ce soutien n’explique pas seul un triomphe qui s’enracine dans une atmosphère de chaos absolu.  Ci-dessous mon entretien de ce jour avec le site d’information Atlantico:

1) Interrogé par  l’Opinion Jeudi 23 mars au matin Jean-Paul Delevoye (président de la commission d’investiture d’En Marche !) a déclaré: « Emmanuel Macron prend ce qu’il y a de bien dans les bilans de Sarkozy et de Hollande ». Mais n’est-il pas bien parti pour prendre aussi ce qu’il y a de mauvais ? Sur la question des dépenses publiques notamment, la fondation Concorde a estimé mercredi dans un rapport que le programme d’Emmanuel Macron, extrêmement dispendieux, mènera la France à un important déficit budgétaire.
L’image est assez juste. Il y a dans les propositions de M. Macron, un air de « pot pourri » ou d’auberge espagnole. Sa ligne n’apparaît pas nettement. Il promet beaucoup de mesures: baisse limitée du nombre des fonctionnaires mais recrutement de policiers et gendarmes, diminution des impôts, construction de places de prisons, grands investissement, assouplissement des 35 heures. Pour autant aucune ligne n’émerge réellement. Où veut-il en venir? Est-il libéral? Keynésien, favorable à l’intervention de l’Etat? décentralisateur? Au nom du pragmatisme, il semble promettre tout à la fois: un peu de libéralisme, un peu d’étatisme, de la fermeté sur le plan des sujets de société, immigration, sécurité, mais sans excès. Il semble qu’il fonctionne beaucoup sur le mode de la politique actuelle, donnant la primeur aux coups de communication et à la polémique. Son annonce sur la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des foyers, visiblement sans avoir pris en compte les tenants et les aboutissants du sujet ni le point de vue des élus locaux en est symptomatique. Il donne le sentiment d’être dans la gestion de l’immédiat bien davantage que dans la préparation de l’avenir à long terme. En cela, par delà un visage de renouvellement, il n’a rien de révolutionnaire mais s’inscrit dans la continuité d’une dérive permanente de la politique dans la communication.

2) L’ancien ministre de l’économie promet la « révolution », mais en dehors du renouveau des visages et des usages, sera-t-il capable de renouveler le politique sans nouveau cadre idéologique ? De même, le pragmatisme qu’il érige en programme peut-il réellement conduire à une efficacité s’il ne s’inscrit pas dans un logiciel de compréhension de l’état réel de la société française, ce qui suppose de porter un regard idéologique ?
Il faut bien voir la réalité. La campagne de M. Macron n’a rien du niveau présidentiel. Sur les grands sujets d’envergure présidentielle, l’avenir de l’Europe, les institutions, la politique industrielle, la maîtrise des frontières, la politique internationale de la France, son discours est inexistant. Son succès repose sur un formidable coup de communication. Homme clé du quinquennat de M. Hollande, comme conseiller élyséen puis ministre de l’Economie, il est parvenu à incarner le renouveau et « la véritable alternance » comme il le dit lui-même. L’ascension de M. Macron est le fruit du chaos absolu dans lequel a sombré la vie politique française depuis des années et d’un dérèglement des sens. La succession des affaires (DSK, Cahuzac, etc) les scandales à répétition, les mensonges et les échecs, le carriérisme exacerbé au détriment de l’intérêt général, les massacres terroristes commis sur le sol français,  ont provoqué une crise de confiance, un climat d’aversion envers la vie publique. Dans une atmosphère de désespérance les Français se raccrochent à une image, une illusion, celle de la jeunesse, du renouveau, le mythe de l’homme « neuf ». Certes, le monde médiatique a porté à bout de bras la montée de M. Macron. Mais ce soutien n’explique pas seul un triomphe qui s’enracine dans une atmosphère de chaos.

3) Le candidat d’En Marche semble avoir saisi l’attente des français en matière d’incarnation de la fonction présidentielle. Mais au regard de des récentes critiques lors du débat du 20 mars, sera-t-il selon vous à la hauteur de la vision qu’il incarne ?
Sans soutien d’un ou plusieurs partis, sans la moindre esquisse d’une majorité parlementaire durable, sans idée, sans ligne politique claire, son arrivée à l’Elysée, après trois mois d’euphorie hystérique liée à la nouveauté, marquerait probablement la désintégration, en peu de temps, des derniers vestiges du prestige présidentiel. On ne le répétera jamais assez. La vie politique française, ces dernières années, repose sur une gigantesque illusion façonnée par sa médiatisation: celle de la toute puissance présidentielle. De fait, un chef de l’Etat privé de majorité présidentielle ne peut pas choisir librement son Premier ministre et son gouvernement. Il ne peut pas entreprendre la moindre réforme législative. Il est pieds et poings liés. Or, nul ne voit comment M. Macron pourrait disposer d’une majorité stable. Il est impossible de concevoir, en quelques semaines, l’émergence d’un parti macroniste qui imposerait des candidats crédibles dans les 570 circonscriptions et par une sorte de vague miraculeuse obtiendrait une majorité. La reconstitution d’une majorité socialiste autour de lui est encore plus inconcevable dans la mesure où l’essentiel du parti lui est foncièrement hostile. La seule perspective de majorité serait une majorité de droite qui ne lui ferait bien entendu aucun cadeau. Bien sûr, il pourrait chercher des majorités d’idées ponctuelles et réussir quelques réformes consensuelles, donc creuses. Mais avec l’usure du pouvoir, cela deviendra de plus en plus difficile au fil du temps. A cet égard, M. Macron est exactement dans la même position d’impuissance radicale que la candidate lepéniste si elle venait à être élue. On nous dit : dans la Ve République, le président élu bénéficie toujours d’une majorité au Parlement. Oui, mais justement, une révolution est en train de se produire à cet égard, due au discrédit de la fonction et à l’élection possible d’une personnalité « hors système », extérieure aux partis classiques. Un bouleversement est en cours dont beaucoup d’esprits n’ont pas perçu la portée. Les Français, à travers le duel qu’ils privilégient pour le second tour, sont en train de préparer un quinquennat d’impuissance présidentielle. Mais cette neutralisation prévisible de l’Elysée n’est-elle pas l’aboutissement suprême de plusieurs décennies d’abaissement de la fonction élyséenne? Encore faut-il lui trouver une réponse politique qui repose sans doute, aujourd’hui, sur une réhabilitation de la mission du Premier ministre et du Gouvernement.

Maxime TANDONNET

à partir de son Blog : https://maximetandonnet.wordpress.com/

et qu’on lit également sur le site Internet du Figaro : FIGAROVOX

http://www.lefigaro.fr/vox/

* MacrHollande : tout le monde l’aura sans doute compris, est la contraction de Macron et Hollande, utilisée par plusieurs sites ou médias.

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Une Réponse to “Le point de vue de Maxime Tandonnet ! sur celui que d’autres médias n’appellent plus que par le sobriquet de « MacrHollande* » et son mouvement « j’ai marché dedans » !”

  1. michel43 Says:

    Mais ,nous en somme LA..la faute a notre droite socialiste ,qui a préférer HOLLANDE de L.UNION de la gauche ,a un simple accord ,avec Mme LE..PEN de la droite national , on doit ajouter ceci ; Merci, a certains lobbys ,de préférer la gauche ,et la droite , contre la droite national ,grave erreur ,

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