« JE HAIS HALLOWEEN » : texte envoyé par l’une de nos amies écrivaine à Blog-Cabestany !

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Le texte

JE HAIS HALLOWEEN

Je hais cette nouvelle mode Halloween, la dernière invention pour laver le cerveau de nos enfants qui courent la campagne pour demander des bonbons le plus souvent immangeables dans lesquels j’ai toujours envie de mélanger des sucreries au poivre. Pourquoi ne le fais je pas ?

Cette célébration est une ignominie dans notre calendrier des fêtes de fin d’année et n’est en rien cette fête religieuse que les incultes imaginent. Cette innovation malsaine n’est pas non plus cette soi-disant fête païenne d’origine Celtique dont on trouve certes des réminiscences en Irlande mais dans un contexte tellement différent. Pourquoi déguiser nos enfants en psychopathes, en tueur de la pleine lune, en dépeceur de vieilles dames  ?  Quelle déchéance de l’esprit !  Comment peut-on tomber aussi bas ?

Car c’est le nouveau coup de marketing d’une marque de soda d’outre atlantique qui nous avait déjà inventé le Père Noël, pas forcement une mauvaise idée, mais qui a recommencé avec une idée imbécile dans le contexte actuel. Pour mettre de la décoration partout dans les supermarchés, les fast-foods, et augmenter les ventes de cette boisson infecte qui a un goût de pharmacie.

Dans mon enfance, dans les Flandres, on fêtait Saint Nicolas le 6 décembre, et c’était le jour où l’on offrait les cadeaux aux enfants. Il n’y avait pas de sapin avec les boules fabriquées au Bangladesh mais des branches de houx ou de gui au dessus des portes et le soir de noël nous partions le ventre vide à la messe de minuit. En revenant nous mettions le santon du petit jésus dans la crèche et nous réveillonnions de harengs fumés qu’on faisait griller dans la cheminée et de pommes de terre cuites dans la cendre. Avec les frères et sœurs, parents, grands parents, cousins, et nous étions heureux. Tout simplement.

Halloween, la fête des morts-vivants, des esprits, des sorcières est une insulte à la chrétienté. A défaut de boycotter l’hérétique Harry Potter, on pourrait se dispenser de célébrer des créatures sataniques, représentation délirante de l’écroulement de notre société dite souchienne. Traditionnelle si vous préferez.

Et pourquoi assassiner ces citrouilles qui ne nous ont rien fait et qui préféreraient finir de façon plus digne et honorable dans la soupe, en me disant que si je décide d’inviter mes amis à la maison, tous les potes iront. Une soupe, que dis je ? Un velouté onctueux avec quelques châtaignes, un soupçon de crème, et un peu de coriandre fraîche. Un régal !

J’appréhende toujours le coup de sonnettes de ces enfants braillards déguisés dans une tenue immonde. Et je donne les bonbons les moins chers que j’ai pu trouver et dont même le chien ne voudrait pas à ces insupportables gamins en sachant qu’en me pliant à ce rituel je ne fais qu’encourager la bêtise.

Quand aux états Unis, dans le Maine ou le Vermont, on ne se cache pas derrière des masques. Les maîtresses à l’école font préparer aux enfants des fleurs en papiers, des petits objets en fil de fer, des dessins. Les enfants vont les échanger contre un morceau de cake, un brownie, une tasse de chocolat, un donut chez de vieilles personnes à qui l’on demande si elles vont bien et si on peut les aider à leur faisant une course ou leur rendant un service plutôt que de brailler comme des abrutis comme on le fait en France.

On n’enseigne plus la solidarité à l’école. C’est notre culture qui fout le camp. Et s’il n’y avait que cela….

Ma seule satisfaction est de penser à ces gamins quand on leur arrachera des dents pour cause de carie due à ces bonbons, avec anesthésie, roulette, dévitalisation. Pour perpétuer l’ambiance Halloween, j’espère qu’il y aura un jet de sang jusqu’au plafond lorsqu’on leur arrachera la molaire du fond !

Et si vous avez lu mon texte jusqu’ici, c’est que vous avez l’esprit ouvert. Et que vous n’êtes pas du genre à prendre tout, et même ce que j’écris, au premier degré. Quant d’autres ignorent sans doute ce que cela veut dire. Allez je reprends un dernier chocolat fourré à la praline en pensant bien à vous. J’ai retrouvé un vieux reste de bonbons de la fin du siècle dernier dont je vais pouvoir me débarrasser. Et si j’ouvre la porte en souriant, qui saura ce que je pense vraiment ?  Mais je crois que j’ai entendu la sonnette !

Honfleur, le 29 octobre 2016.

POSTMASTER : Merci Madame ! Le texte est d’une auteure de talent qui appartient à cette génération de femmes écrivaines qui honorent la littérature en ce début de siècle. Comme nous l’appelions pour juste prendre de ses nouvelles nous lui avons dit sur le ton de la plaisanterie que nous étions à court d’idées. Elle nous aura écrit ce petit texte en quelques minutes. Nous assurant qu’elle a pris davantage de plaisir à l’écrire que nous, nous ne pourrons en avoir à le lire. Pas si sur !

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