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Alors qu’il n’avait pas pu suivre la campagne des régionales, son article – envoyé le 17 décembre 2015 –  à notre rédaction,  a été écrit en même temps qu’il prenait connaissance des résultats du 2ème tour. Il l’a dédié au regretté Bernard Maris. (photo ci-dessous)

Bernard Maris

Bernard Maris

A Bernard,

Je rentre du Canada où l’on m’avait envoyé préparer un article sur le nouveau Premier Ministre Justin Trudeau  qui a commencé à casser les codes politiques dans son pays, ce qu’il faudrait faire aussi dans le nôtre, en France, mais de cela on en reparlera.

A peine rentré,  je me suis précipité sur la presse nationale pour lire les articles de mes confrères  dont l’un écrivait que la France était désormais coupée en trois,  faisant le parallèle avec la fonte des glaces dans l’antarctique et ajoutant qu’il y avait trois gros morceaux de banquise qui dérivaient sans direction précise.

Quand je vois ce qui se passe dans votre région. Quand je vois l’ambition débridée, la soif maladive de pouvoir de cette nouvelle Présidente PS qui pour accéder à la timbale n’aura pas hésité à concéder tout ce que la gauche de la gauche lui demandait, sauf son siège (on lui a aussi demandé) car sinon elle aurait fait tout ça pour rien, je frissonne ! Avec un ego tellement surdimensionné qu’elle en renie ses propres valeurs, on doute qu’elle en sorte intacte. Si elle n’a pas la force morale de résister à mordre dans l’hameçon qu’on lui tend, inutile d’avoir de la peine pour elle. Dans les PO, la bataille pour la place de vice président sera âpre, et le fonctionnement de la majorité de cette nouvelle région sera chaotique. A droite, il y aura aussi des tensions dans tous les sens. Et le FN n’échappera à la règle.

A mon avis on ne peut plus parler de trois morceaux de banquise à la dérive, car avec les divisions dans les grands partis, et les micro partis que tous veulent ouvrir, ce sont des dizaines et des dizaines de morceaux de banquise politique qui seront bientôt hors de tout contrôle.

Mon ami Bernard Maris avait l’habitude de dire : « ce n’est pas sa grandeur qui fait la France mais sa beauté ». Il ne s’agit pas de la beauté des paysages ou des Françaises, qui méritent d’ailleurs amplement le compliment, mais de la beauté de l’âme des Français qui aiment la France, la considère comme leur patrie, se fondent dans ses racines ancestrale, et font de sa culture leur culture, quelle que soit leur origine. Le droit du sol est désormais une valeur galvaudée. Le droit du cœur – pour aimer la France – se doit de passer avant tout le reste, disait Bernard.

Bernard Maris, écrivain et touche à tout, qui écrivait dans Charlie Hebdo, tenait des rubriques économiques dans les média. Il  était Docteur en Sciences Économiques et en quelque sorte administrateur de la Banque de France. Mais espiègle et  facétieux, il avait l’habitude de laisser sous entendre qu’en économie, il s’y connaissait à peine. Disant, je ne suis pas un économiste, mais seulement un humaniste et juste un citoyen.

Quelles étaient ses opinions politiques ? Il refusait d’être rangé dans un camp ou dans un autre. Mais chacun a ses engagements et ses combats qui lui sont propres, et il était sincère dans ses convictions.

Il expliquait que ce n’était pas durant ses études universitaires qu’il avait acquis le goût des belles lettres, des grands auteurs, mais dès son entrée au C.P. sous la férule d’un instituteur exigeant. A Luigi, à Carmen, Rachid et Mamadou on apprenait : « nos ancêtres les gaulois ». Puis plus tard les philosophes grecs, le latin, et l’Histoire de France qui est le ciment de la Nation. Des abrutis auront pensé qu’il fallait rajouter que ceux qui ont fondé la France pouvaient être aussi le Grand Moghol, le Grand Turc, ou Sembaké 1er, roi de Casamance.

L’école a failli depuis, non à cause de ses enseignants mais bien de ceux qui font les programmes et des ministres de l’éducation dont les deux plus exécrables depuis un siècle auront été les deux derniers, l’un étant hélas toujours en poste. Si la France est morcelée, divisée aujourd’hui, c’est bien à cause de la faillite de l’enseignement et de ceux qui en sont les dirigeants.

Bernard Maris a été assassiné sauvagement, lâchement dans les locaux de Charlie Hebdo, il y a presque une année. Avec ses amis que je ne connaissais pas tous mais je pense aussi  à eux. Est ce que cela aura servi à faire prendre conscience au Président de notre pays que ses citoyens étaient en danger ? Quelques mois après, le nombre des victimes était multiplié par 10. Des fous sanguinaires leur auront ôté la vie à tous parce que notre sécurité n’est plus assurée dans ce pays et que rien n’aura été fait depuis le début de l’année pour colmater nos brèches. Une politique laxiste et bien pensante de bisounours. Mais les français, comme des moutons de Panurge, ont peur et dès que la terre tremble, ils se mettent à avoir confiance dans leurs chefs, aussi mauvais soient ils ! Comme on serait tenté, une grave erreur, de s’abriter sous un arbre pour se protéger de la foudre.

C’est bien cette exaspération qui aura poussé nos concitoyens à voter pour le F.N. et repousser les vieux partis englués dans leurs immobilismes. Immigration, Sécurité, Chômage en sont le tiercé gagnant.

Si on en est là ?  Plutôt que de geler – par la loi – les dépenses inutiles et somptuaires des collectivités territoriales qui ne servent qu’à flatter l’orgueil de leurs élus. Plutôt que de bloquer les embauches clientélistes de ces dernières, on aura préféré tailler dans les effectifs de l’armée, la Police, la Gendarmerie, la Justice, les Prisons, …..

« Oncle Bernard » avait écrit quelques notes sur des feuilles volantes, pour en faire – peut être –  plus tard un livre. Il n’avait pas achevé son travail et n’avait pas encore décidé de la date de parution ou même du titre. Son éditeur aura compilé les feuilles qu’il avait en sa possession pour les faire imprimer. Faites des cadeaux à vos amis, ils le méritent mais faites vous un cadeau à vous mêmes. Offrez vous cet ultime livre de Bernard Maris qui s’intitule « Et si on aimait la France », chez Grasset.

Une façon aussi de montrer que vous avez choisi la vie contre les porteurs de mort et de destruction. Et peut être que ce sentiment fera se rapprocher les Français entre eux au delà de tout ce qui concoure au communautarisme ambiant, une dérive que l’école, dès le plus jeune âge,  n’est même plus capable d’endiguer !

Bon week end, les Catalans !

livre bernard maris

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