« Cyprien » écrit à Blog-Cabestany sur les crèches de Noël !

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Un sujet qui est en marge de la campagne qu’on suspendra vendredi soir pour respecter la réglementation, et qui arrive un peu tôt dans la saison, mais qui est d’actualité, puisque l’internaute qui nous écrit et que nous connaissons bien, habite Saint Cyprien, et prend d’ailleurs comme pseudo « Cyprien ». Il tacle un peu au passage l’équipe municipale sur des sujets auxquels on ne comprend pas grand chose, qu’il nous en excuse. Des sujets de désaccords qui ne semblent pas bien graves, puisqu’il trouve que l’installation d’une crèche dans sa mairie, lorsqu’on tue et qu’on assassine dans nos rues est une initiative heureuse et un symbole de fraternité dans des moments douloureux. Quand des « cancrelats » (dit il) s’en prenne aux objets déposés place de la république, à Paris, pour lancer contre la police. Tout ce qu’ils méritent est qu’on les écrase du talon  : « CRAC  ! » (ses mots). On a un peu élagué son texte, et certaines autres formules, avec son accord, tout en essayant de ne pas le dénaturer.

creche de noel

CYPRIEN dit :  Quand arrivait l’époque de Noël, mon grand père Marcel, que je n’ai connu que jusqu’à l’âge de 12 ans racontait « comment c’était » dans les tranchées durant la Grande Guerre. Il était revenu avec un bras en moins et se disait un miraculé et remerciait le ciel de s’en être sorti quand la plupart de ses camarades avaient été portés disparus car on n’avait rien retrouvé d’eux. Il y avait (j’invente les prénoms) Pierre, Paul, Jacques, mais aussi Élie le tailleur du sentier, et Mamadou qui ne croyait qu’en son amulette. Et Hans dont le frère était en face chez les allemands. Que faisait il là ? Hans l’alsacien aurait du aussi être en face puisqu’on avait perdu l’Alsace en 1870 en se battant contre ces maudits prussiens. Pour le premier Noël passé dans les tranchées ils avaient confectionné, de bric et de broc, comme ils le pouvaient, une crèche de Noël allant jusqu’à modeler les personnages en malaxant la terre truffée d’éclats d’obus coupant comme du rasoir : il s’agissait là d’un moment de fraternité universelle. Marcel s’était laissé dire qu’ailleurs les allemands et les français avaient fraternisé le soir de Noël. Pas chez eux mais ils avaient cessé de tirer.
C’était l’occasion pour mon père, disparu depuis les années 70 d’en rajouter et  de raconter sa guerre, la sienne, la deuxième, et de dire comment ils s’étaient retrouvés, plus d’une fois, entre compagnons d’armes, autour d’une crèche de Noël, et surtout en cette fin 1944, quand tout le monde croyait que la guerre cesserait pour les fêtes de fin d’année, et où le pire les attendait dans les Ardennes. Avec des Sénégalais, des Maghrébins, cela avait été également un moment œcuménique et poignant de fraternité.
Moi même, je ne sais pas si je crois en un quelconque Dieu. Enfin ça dépend des moments. J’ai fait partie des rappelés en Algérie. Je suis allé à la guerre à contre cœur et en traînant les pieds. Dans un douar, un soir, on avait dormi par groupe de 5 ou 6 chez l’habitant. Par terre, à la dure évidemment. Les hommes semblaient s’être évaporés : il ne restait que des vieillards, des femmes et des enfants. Pendant qu’à l’extérieur nous aidions à bouger un bac en pierre très lourd, dans la maison on nous avait bricolé une crèche de Noël avec des petits jouets en bois. Avec mes compagnons d’infortune nous avions fraternisé avec ces algériens devant ce symbole éternel.
Que des français se posent rien que la question de savoir s’il est bien de faire une crèche de Noël dans une mairie est une insulte à la mémoire de leurs aînés, à leurs souffrances, à leur sacrifice, « au sang versé » pour que la France existe encore. C’est du mépris pour leurs concitoyens. De la lâcheté. La crèche fait partie de nos racines culturelles. Elle a soudé des gens qui étaient des croyants comme des incroyants dans des moments particulièrement difficiles.
Que des français le critiquent – mais pour moi il ne sont plus des français – est un crime contre l’humanité.
Demain, au nom de cette foutue laïcité, inventée par des tarés pétochards, on interdira le cassoulet et le Muscat de Rivesaltes. Et ensuite ….. on interdira la Marseillaise.

Cher internaute, merci pour votre contribution. Nous voulions traiter le sujet autrement et plus tardivement, mais vous nous donnez l’occasion de redire que  nous avons bien conscience que c’est  grâce à des gens comme vous que notre génération n’a pas eu à partir à la guerre. (enfin jusqu’à aujourd’hui) C’est parce que vous avez versé votre sang que nous sommes libres, et sûrement pas par la grâce des ceux qui nous abreuvent d’élucubrations écœurantes à vomir et qui ne méritent même pas que l’on fasse attention à eux. Ce serait leur accorder l’importance qu’ils n’ont pas. Les chiens aboient, la caravane passe. Nous sommes d’accord avec vous sur toute la ligne. Et puis, « c’est vous qui le dites » et c’est « la liberté d’expression ». Et Dimanche ne vous trompez pas de bulletin. Amitiés.

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