Une émission à ne pas rater sur la 5, dit Electron Libre à ses amis de Blog-Cabestany !

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Sur France 5, mardi 5 mai 2015 à 20 h 40

centre commerciaux

Une émission qui s’intitule « Centres commerciaux, la grande illusion », des journalistes Elizabeth Bonnet et Adrien Pinon qui travaillent aussi pour « Envoyé Spécial » sur  « France 2 »

Une émission que Électron Libre nous dit espérer qu’elle ne sera pas déprogrammée au dernier moment, lui même ayant participé à un reportage sur le même sujet mais pour une chaine concurrente. Une chaine qu’il ne veut pas nommer mais qui préfère conserver le DVD au fond d’un tiroir à cause de certains lobbies qui la menacent de ne plus lui faire passer leur « réclame ». La chaine en question est désormais propriétaire des images puisqu’ayant payé le reportage commandé à la boite de production, et elle n’a aucune obligation de diffusion sinon assumer une perte financière qu’un petit coup de pouce sur la pub compensera. Espérons que la 5 a davantage d’éthique. Mais elle vit avant tout de la redevance que nous payons plus que de la pub.

Une émission que notre ami, le journaliste Richard Cannavo  a vu en avant première et commente dans les colonnes du magazine « Challenges », dans un article au titre évocateur de  :

COMMERCE INEQUITABLE

Car, en 2014, ce sont 500 000 mètres carrés de nouveaux centres commerciaux ou d’agrandissements qui auront encore été érigés. Au détriment du petit commerce de centre ville ou même de zones comme le Mas Guerido actuel qui paraissent avoir de moins en moins l’heur de plaire.

Dans une « lettre ouverte » qui date de 2002 – mais beaucoup d’eau a depuis coulé sous les ponts – des élus de grandes villes s’émouvaient de cette situation. De ces  grandes surfaces s’installant en périphérie autour de leurs villes et le plus souvent sur d’autres communes que la leur. Qu’est ce qui les faisait enrager ? : la perte des commerces de leur centre ville ou le fait que ce soit une petite commune mitoyenne qui rafle le gâteau ? Ce n’était guère explicite. Plus de 10 ans après, le problème ne se pose plus vraiment en ces termes puisque le maire de la grande ville cumule – souvent – les fonctions de patron de la métropole, de la communauté urbaine ou de l’agglo. Et que c’est le maire de la petit commune mitoyenne qui se lamente pour des questions fiscales qu’on vous expliquera la prochaine fois.

Il faut dire aussi que la France est un cas spécial en Europe avec sa notion de « fonds de commerce » ou de « pas de porte », quand dans la plupart des autres pays le commerçant, en ville, est propriétaire de ses murs, même s’il s’est endetté entre 15 et 35 ans ( parfois 50 ans en Grande Bretagne). Des murs qu’il revendra lorsqu’il cesse son activité, tout comme nous mêmes revendons notre résidence principale, et ce sans taxation s’il se montre raisonnable. En France quand un commerçant s’est endetté pour payer le fond de commerce, à moins qu’il ne s’agisse d’une « création », sa banque ne lui prêtera généralement pas de quoi acheter les murs.

Et les propriétaires de murs, en France,  se montrent de moins en moins raisonnables, augmentant sans cesse et de façon souvent disproportionnée, leurs loyers. Que le boulanger ne puisse plus payer le loyer, et on trouvera bien une banque, une boutique de téléphone portable ou un galeriste pour le remplacer et payer. Le citoyen qui ne peut faire des kilomètres tous les jours pour acheter sa baguette, finira par en prendre plusieurs au super marché et les mettra dans son congélateur.

Mais qu’en est il de cette course aux surfaces commerciales, alors que le français s’appauvrit, que le chômage gagne du terrain. Sur les 5 dernières années, les statistiques de l’OCDE l’attestent, la consommation des ménages, qu’il s’agisse de légumes ou de matelas, n’a pas baissé. Elle progresse même chaque année de 0,2%, 0,5%, voire 0,8%. Ce n’est pas la panacée, mais cela correspond peu ou prou à la croissance d’un pays comme le nôtre. Et c’est l’état providence qui assure la stabilité de la consommation au travers de ses aides sociales, qu’il ne pourra plus payer quand il aura appauvri les classes moyennes au point qu’elles même deviennent demandeuses. On s’en approche dit l' »IFRAP ».

Pourtant la plupart des centres commerciaux, en France, auraient encore de belles années à vivre, nous explique le « Credoc ». A la condition de tirer les prix donc la qualité vers le bas, cela correspond à la demande,  ce qui sous entend de nouveaux produits, de nouvelles sources d’approvisionnement  de plus en plus éloignées. Des containers pour faire venir du bout du monde ce qu’on trouverait à Canohès. Alors que l’on parle de plus en plus de consommation « collaborative » : du co-voiturage à la recherche d’articles ayant déjà servi, sur « le bon coin ». Mais qu’on attend désespérément une incitation législative, fiscale, ou autre pour que le citoyen aille chercher directement ses tomates ou ses fraises  chez le petit producteur de sa région. La fabrique à chômeurs tourne à plein régime.

Les Centres commerciaux ont peut être encore de belles années à vivre mais sans doute pas des décennies. Et puis il serait intéressant, dit « Anticor », de connaitre la nature du contrat passé entre le promoteur et la municipalité. Car « il s’est déjà vu » dit encore « Anticor » que ce soit le contribuable qui finisse pas payer les pots cassés. Une élégante formule de style pour ne pas dire que c’est « toujours » le citoyen qui casque, d’une façon ou d’une autre en bout de chaine !

Dans ces centres commerciaux, on y crée des emplois précaires et sous payés, mais une grande enseigne qui dispose d’un service juridique et d’un département de  ressources humaines aura plus de facilités à recruter du temps partiel, ou des emplois bénéficiant d’aides publiques, que le petit commerçant qui sera vite englué dans une réglementation kafkaïenne et un Code du Travail cégéto-préhistorique. Un organisme public bien connu ne dit t’il pas : « Cela vaut toujours mieux que du travail au noir ! »

Aussi, y a t’il – trés nettement –  un transfert des achats réalisés auparavant dans les commerces de centre ville vers les centres commerciaux.

Des centres villes difficile d’accès à cause de la circulation, où l’on a du mal à se garer et c’est cher, où les trottoirs ne sont pas propres mais ce n’est pas toujours la faute de la municipalité qui engloutit des fortunes dans le nettoyage, où il règne souvent de l’incivilité pour ne pas dire plus. La piétonnisation, qui fait le bonheur du touriste, est souvent le cauchemar du petit commerçant.

Pour le jeune qui veut s’installer et devenir commerçant, il est tellement plus facile de le faire dans un centre commercial. Pas de notion de fonds de commerce. S’il passe par un franchiseur il ne paiera pas le stock avant de l’avoir vendu, et il aura à payer un loyer incluant ses charges indexé sur son chiffre d’affaires et non sur la surface de son magasin : du moins dans les premiers temps. Il pourra arrêter son activité, s’il en est besoin,  dans des conditions financières qui ne plomberont pas le reste de son existence.

Dans l’émission de mardi vous verrez comment cette course en avant risque de déboucher sur une bulle commerciale qui a déjà éclaté aux Etats Unis et où 400 centres commerciaux, représentant 150 000 boutiques, ont fermé ne laissant que d’immenses carcasses vides dont personne ne sait que faire.

Pour y vendre des abricots de Thaïlande, haricots verts du Burkina, des tomates du Maroc (et maintenant de Chine pour la conserverie), ou des champignons de Fukushima ?  L’Allemagne, grande consommatrice de cerises, les achète en Turquie, la France n’en étant plus que le 8ème producteur sur la planète, et cela ne devrait pas s’arranger.  Un petit tour sur le site internet des Douanes vous en dira plus. Est ce le genre de société que nous voulons ?

Est on obligé de bétonner des hectares de parkings, de gaspiller d’immenses aires de terre agricole, de rendre nos villes un peu plus inondables ? Certes, on a déjà mis au point une recette des « Boles de Picolat » avec une sorte de mixture à base de tofu (soja), de grillons  et …. de  sauterelles qu’on a même pas besoin  d’emmener en « estive ». La consommation d’insectes porte un nom « l’entomophagie ». On peut même vous indiquer où acheter – si vous recevez des amis – le « pack apéro » à 14. euros. Le chorizo deviendra t’il un signe extérieur de richesse ? S’il vous plait, ne nous invitez plus !

L’électeur aura même cru, à une époque, qu’en allant voter pour un maire communiste ou écolo, ce dernier serait plus à même de défendre l’environnement.  Quelle fumisterie ! Le citoyen de Cabestany en voyant se construire le nouveau complexe de Mas Guerido 5 ou le « casot » à côté du Centre Culturel dans un bassin d’orage aura – peut être ? – compris combien on le prend vraiment pour un imbécile.

Article préparé par Electron Libre, Gersende de Guermonprez et Eugène Dudeffant

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