Le « Bataillon Catalan » ou une histoire de la France Libre…. à Cabestany !

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La médaille de la France Libre

La médaille de la France Libre


A la demande de nos internautes, nous avons « ressorti » un article que nous avions mis en ligne en mai 2011, dans nos colonnes.

La contribution de l’un d’entre nous : une compilation des souvenirs, tels que racontés par un ancien, et des recherches dans divers documents  ou  des ouvrages historiques, avec l’aide de « Richard », prof  à la retraite au Chesnay.

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LE RECIT

« Aux lendemains de la libération de notre ville de Perpignan, les 19 et 20 août 1944, il y est formé un bataillon de volontaires, venant de couches sociales et d’horizons les plus divers, anciens militaires, résistants, militants de divers mouvements, mais la plupart viennent à peine d’atteindre l’âge de porter les armes. (et pour certains sans doute pas encore mais personne n’a envie de le vérifier et ils ont tellement d’ardeur)

Tous ces Catalans ne veulent qu’une chose : participer à la victoire finale.

Ils sont envoyés, car on leur dit que cela leur servira en même temps d’entraînement, surveiller la frontière espagnole au dessus de Montlouis. Mais on n’a pas d’armes à leur confier. Et ils courent après les chèvres pour faire de l’exercice. Ils ont l’impression qu’on a pas besoin d’eux ou qu’on ne sait quoi en faire. Certains songent même à rentrer à la maison. Quelques uns, heureusement rares,  le feront.

Tout le monde prédisait la fin de la guerre pour la fin de l’année 1944, mais les nazis défendent leur sol avec acharnement. Début 1945, le bataillon rejoint le théâtre des opérations dans le nord-est de la France, et il y participe activement à la libération de notre territoire sans se retrouver toutefois en première ligne.

En avril 1945, tout change : le bataillon est intégré à une unité de Français Libres qui se bat depuis 1940 et dont la plupart, des soldats de métier, ont l’expérience de durs combats en Syrie, en Libye, en Norvège. Beaucoup ont affronté les troupes d’élite de Rommel dans les sables de Tobrouk.

Il est assigné à cette unité composite, constituée pour l’occasion, la mission de réduire une poche allemande, une des toutes dernières sur le sol français, dans les alpes du sud à la frontière italienne au dessus de Nice. Le terrain est escarpé, encore en partie enneigé, et à plus de 1500 mètres d’altitude d’où ce choix d’intégrer des pyrénéens, auxquels on prête des qualités de montagnards – même s’ils sont Salanquais – au milieu de ces vétérans du désert. Au dire des Catalans, dans ce terrain pentu, même un mulet n’y serait pas monté. Les allemands sont retranchés dans plusieurs fortins ou casemates, avec vivres et munitions, et protégés par leurs murs de béton. Ils ont décidés de ne pas se rendre et de faire payer cher quiconque voudrait les déloger. En face d’eux, pour les Français, il n’y a nul monticule, ou rocher pour se protéger. Ils faut donner l’assaut, à découvert. Il faudra s’y reprendre à plusieurs fois, et principalement de nuit, les affrontements durant presque une semaine.

Les combats seront d’une rare violence, les pertes extrêmement lourdes – plusieurs centaines – dans les deux camps, avant que les français ne finissent par venir à bout des allemands.  Ceux ci, des fanatiques qui quelques jours avant, défendaient une enclave en Italie du Nord et sont particulièrement aguerris, s’accrochent. Ils auront tenu leur dérisoire promesse. Les français auront payés un lourd tribut en attaquant – à découvert et sans armes lourdes – les bastions occupés par les nazis. Bien des Catalans ne reverront jamais Perpignan alors que dans moins d’un mois, les armes se seront tues définitivement, et qu’on dansera sur la place de Catalogne.

Il sera accordé au « Bataillon Catalan des Français Libres » une citation qui leur donnera le droit de porter le brassard à « croix de lorraine », en hommage à leur courage et à leur sacrifice.

Peu après la libération, le bataillon Catalan sera dissous. Certains accepteront la proposition d’intégrer l’armée française, et s’y distingueront sous d’autres cieux. Mais la plupart de ces catalans préférera retourner s’occuper des vignes, et de retrouver une vie normale, en héros anonymes. De grands blessés, lourdement handicapés,  ne reverront leurs terres du Roussillon qu’à la Noël 1945.

Rares « seraient » ceux du « Bataillon Catalan » a être encore parmi nous, mais en cette année 2014, nous aurons une pensée pour eux, et pour leurs camarades disparus en avril 45, ou depuis.

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Rajouté suite à l’intervention par mail de l’un de nos lecteurs en 2011 juste après la parution de notre article dans Blog-Cabestany :  « une compagnie du « Bataillon Catalan », qui faisait partie  du « 24ème régiment d’Infanterie Coloniale »  sera sélectionnée pour faire partie d’une revue militaire, à Paris, le 18 juin 1945. Les catalans auront l’insigne honneur de défiler devant le Général de Gaulle avec d’autres troupes dont la particularité était de s’être vaillamment comportées ». Dont acte.

Nous aurons reçu d’autres interventions d’internautes, toutes éminemment sympathiques. Merci pour votre participation, votre aide, et  l’intérêt que vous portez à notre Blog.

Insigne du 24ème R.I.C.

Insigne du 24ème R.I.C.

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2 Réponses to “Le « Bataillon Catalan » ou une histoire de la France Libre…. à Cabestany !”

  1. Charlotte Says:

    https://blogcabestany.com/2014/08/22/le-bataillon-catalan-ou-une-histoire-de-la-france-libre-a-cabestany
    POSTMASTER : Charlotte, as the Royal baby ? Kisses

  2. Bettina David-Fauchier Says:

    Bonjour, mon oncle Jacques Kleimann ,toujours en vie, en faisait partie il avait 19 ans à l’époque il était au maquis auparavant et il avait distribué les journaux clandestins avant cela aussi, alors qu’il n’était qu’un gamin.

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